Considéré jusqu'à présent comme un lieu refuge où les risques n'étaient que peu présents, le marché du crédit a fait un tête à queue ces dernières années avec la crise du crédit en Europe. Il y a de quoi devenir chèvre pour les investisseurs désireux de placer leurs économies dans des obligations sans prendre de risques.

" L'échelle des risques a été complètement bouleversée sur le marché du crédit. Avant la crise européenne, les actifs les plus sûrs étaient sans conteste les emprunts d'Etats, suivis de près par les emprunts émis par les banques. Les obligations d'entreprise, dont les ratings sont souvent proches du " BBB ", étaient jugées comme des actifs relativement risqués. Désormais, les actifs les moins risqués aux yeux des investisseurs sont les emprunts d'entreprises, les obligations d'Etat ayant par contre l'étiquette d'actifs peu reluisants ", explique Christophe Auvity, Lead Portfolio Manager European Investment Grade/Global Credit auprès de BNP Paribas Asset Management.

" Les obligations des entreprises grecques n'ont pas fait défaut, contrairement aux titres d'Etat grecs ", ajoute-t-il. Les emprunts d'Etat allemands portent bien cette étiquette de placement sans risque, mais avec un taux de 0,40% sur 5 ans désormais. La sécurité, ça se paie. En outre, la probabilité est grande de voir la valeur de ces titres allemands se déprécier à l'avenir, quand l'Europe aura retrouvé quelques couleurs.

Pour aborder le marché du crédit européen de manière optimale, il faut dorénavant s'orienter vers les obligations d'entreprise offrant un taux raisonnable.

" Si les entreprises peuvent se targuer aujourd'hui de ratios d'endettement très faibles et de bilans sains, ce n'est pas forcément le cas des Etats européens ", explique le spécialiste en crédit de BNP Paribas AM, qui prône un portefeuille de crédits diversifié constitué notamment d'industrielles de premier plan comme Siemens, par exemple. Le spread (Ndlr., écart de rendement par rapport au Bund allemand) des obligations industrielles avoisine 2,80% sur 5 ans, ce qui est relativement attractif.

Un contexte porteur pour les obligations

De manière générale, l'équipe Crédit de BNP Paribas AM considère que les obligations sont une classe d'actifs intéressante en période de croissance nulle. Elles sont en tout cas plus séduisantes que d'autres actifs financiers plus sensibles aux variations conjoncturelles comme les actions.

" Dans un contexte macroéconomique peu porteur, les obligations de bonne qualité se comportent bien. En 2008, alors que nous subissions une crise sans précédent, les obligations investment grade (Ndlr., de la meilleure qualité) ont à peine trébuché de 3%.

Karine Huet

Hiérarchie du risque associé aux titres obligataires

(du moins risqué au plus risqué)

Avant 2008Aujourd'hui

Dette souveraineObligation d'entreprise

Obligation bancaireObligation bancaire

Obligation d'entrepriseDette souveraine

Considéré jusqu'à présent comme un lieu refuge où les risques n'étaient que peu présents, le marché du crédit a fait un tête à queue ces dernières années avec la crise du crédit en Europe. Il y a de quoi devenir chèvre pour les investisseurs désireux de placer leurs économies dans des obligations sans prendre de risques. " L'échelle des risques a été complètement bouleversée sur le marché du crédit. Avant la crise européenne, les actifs les plus sûrs étaient sans conteste les emprunts d'Etats, suivis de près par les emprunts émis par les banques. Les obligations d'entreprise, dont les ratings sont souvent proches du " BBB ", étaient jugées comme des actifs relativement risqués. Désormais, les actifs les moins risqués aux yeux des investisseurs sont les emprunts d'entreprises, les obligations d'Etat ayant par contre l'étiquette d'actifs peu reluisants ", explique Christophe Auvity, Lead Portfolio Manager European Investment Grade/Global Credit auprès de BNP Paribas Asset Management. " Les obligations des entreprises grecques n'ont pas fait défaut, contrairement aux titres d'Etat grecs ", ajoute-t-il. Les emprunts d'Etat allemands portent bien cette étiquette de placement sans risque, mais avec un taux de 0,40% sur 5 ans désormais. La sécurité, ça se paie. En outre, la probabilité est grande de voir la valeur de ces titres allemands se déprécier à l'avenir, quand l'Europe aura retrouvé quelques couleurs. Pour aborder le marché du crédit européen de manière optimale, il faut dorénavant s'orienter vers les obligations d'entreprise offrant un taux raisonnable. " Si les entreprises peuvent se targuer aujourd'hui de ratios d'endettement très faibles et de bilans sains, ce n'est pas forcément le cas des Etats européens ", explique le spécialiste en crédit de BNP Paribas AM, qui prône un portefeuille de crédits diversifié constitué notamment d'industrielles de premier plan comme Siemens, par exemple. Le spread (Ndlr., écart de rendement par rapport au Bund allemand) des obligations industrielles avoisine 2,80% sur 5 ans, ce qui est relativement attractif.Un contexte porteur pour les obligationsDe manière générale, l'équipe Crédit de BNP Paribas AM considère que les obligations sont une classe d'actifs intéressante en période de croissance nulle. Elles sont en tout cas plus séduisantes que d'autres actifs financiers plus sensibles aux variations conjoncturelles comme les actions." Dans un contexte macroéconomique peu porteur, les obligations de bonne qualité se comportent bien. En 2008, alors que nous subissions une crise sans précédent, les obligations investment grade (Ndlr., de la meilleure qualité) ont à peine trébuché de 3%. Karine HuetHiérarchie du risque associé aux titres obligataires (du moins risqué au plus risqué)Avant 2008Aujourd'huiDette souveraineObligation d'entrepriseObligation bancaireObligation bancaireObligation d'entrepriseDette souveraine