Selon le dernier rapport trimestriel Klimek Advisors Global Asset Managers Index, les gestionnaires de fonds cotés restent valorisés de manière frileuse par les investisseurs, avec une performance qui reste décevante par rapport à l'ensemble du marché. Michael Klimek, managing partner de Klimek Advisors, supervise cette étude, en rassemblant les données publiées par 60 gestionnaires de fonds cotés au niveau global qui dérivent, au minimum pour 75 % de leur chiffre d'affaires, de l'activité de gestion. Cet indice est publié par Klimek Advisors, un consultant allemand spécialisé dans le secteur de la gestion de fonds. Il permet d'analyser de manière objective l'état actuel de l'industrie des fonds.
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Selon le dernier rapport trimestriel Klimek Advisors Global Asset Managers Index, les gestionnaires de fonds cotés restent valorisés de manière frileuse par les investisseurs, avec une performance qui reste décevante par rapport à l'ensemble du marché. Michael Klimek, managing partner de Klimek Advisors, supervise cette étude, en rassemblant les données publiées par 60 gestionnaires de fonds cotés au niveau global qui dérivent, au minimum pour 75 % de leur chiffre d'affaires, de l'activité de gestion. Cet indice est publié par Klimek Advisors, un consultant allemand spécialisé dans le secteur de la gestion de fonds. Il permet d'analyser de manière objective l'état actuel de l'industrie des fonds. Dans l'ensemble, les gestionnaires anglo-saxons restent prépondérants dans la composition de l'indice avec 53 % de la capitalisation de l'indice (contre 12 % sur l'Asie-Pacifique et 35 % pour l'Europe), tandis que les petites et moyennes capitalisations prédominent en termes de taille. Les banques et les sociétés d'assurances (pour qui l'activité de gestion d'actifs ne représente qu'une petite partie de leur résultat) seront donc typiquement exclues de la composition de cet indice. "Les sociétés cotées sont transparentes, et publient des résultats sur base trimestrielle, semestrielle et annuelle. L'analyse des données publiées par ces sociétés nous permet de consolider des données significatives et de faire des constats généraux sur l'état de l'industrie", souligne Michael Klimek. "Durant l'année 2016, les actifs sous gestion ont augmenté de 5 % en moyenne, après avoir déjà enregistré un gain de 5,8 % durant l'exercice précédent. Dans le même temps, les capitalisations boursières des sociétés de gestion se sont à nouveau inscrites en recul de 2,6 %, ce qui est toutefois légèrement mieux qu'en 2015 (-4,5%) et la dispersion des performances a également été moins importante entre les différents gestionnaires". A l'inverse, Michael Klimek souligne que certaines sociétés de gestion plus spécialisées s'en sortent nettement mieux, et parviennent à combattre cette tendance négative au niveau global. Et cette prouesse est en train de se poursuivre au début de l'année 2017, la performance de l'indice restant inférieure à celle du MSCI All Countries World Index. Sur une période de trois ans, l'écart de performance dépasse 7 %. "Nous pensons que les éléments qui justifient cette sous-performance restent toujours en place à l'heure actuelle", indique encore Michael Klimek. Il pointe notamment : - une baisse des commissions sous la pression des ETF ; - une performance décevante causée par la faiblesse des rendements obligataires, tandis qu'une remontée des taux pénalisera également la performance des gestionnaires ayant une forte activité sur les marchés de taux ; - les contraintes réglementaires qui pèsent sur les compagnies d'assurances, qui limitent leur capacité à s'exposer sur les marchés d'actions ; - la montée en puissance des solutions digitales qui font pression sur les commissions ; - les incertitudes relatives aux nouvelles réglementations qui pèseront sur les gestionnaires d'actifs (Mifid II), et qui nécessitent davantage d'investissement dans la promotion directe des fonds comme alternative au modèle traditionnel des distributeurs tiers. "La baisse de la productivité est la principale explication pour la baisse des valorisations pour les sociétés de gestion, indique encore Michael Klimek. En 2014, un euro dépensé dans les ressources humaines avait généré un chiffre d'affaires de 4,3 euros. Ce chiffre s'est dégradé continuellement en 2015 (autour de 4,1 euros) et en 2016 (autour de 3,8 euros)". Et de souligner que pour les 50 % des moins performantes des sociétés de gestion, les chiffres sont encore moins bons, avec un maximum de 2,6 euros en chiffre d'affaires par euro investi dans les ressources humaines en 2016. En examinant le rapport entre les revenus générés par les gestionnaires de fonds et les actifs sous gestion, la dégradation de la situation est encore plus marquante, avec des reculs moyens de 6 % en 2015 et de 11,9 % en 2016. En clair, en dépit d'actifs sous gestion qui ne cessent de progresser, les gestionnaires d'actifs gagnent de moins en moins d'argent. "Le déclin de la productivité en 2016 a été significativement plus marqué que durant les années précédentes", souligne encore Michael Keller. Dans ce climat relativement morose, il existe toutefois certaines sociétés de gestion qui s'en sortent mieux que les autres, plus particulièrement celles qui se spécialisent dans les investissements privés ou dans la gestion de classes d'actifs alternatives (dette privée, private equity, immobilier, infrastructure) ou encore dans les services aux clients privés. Les sociétés de gestion canadiennes ou australiennes se sont également bien comportées. "Par rapport aux données fondamentales que nous avons exposées, des groupes suisses comme Partners Group Holding AG (le plus grand gestionnaire européen en termes de capitalisation boursière, spécialisé dans les investissements privés) ou VZ Holdings AG se sont particulièrement bien distingués, tant en 2015 qu'en 2016, une performance qui s'est reflétée dans l'évolution de leurs cours de Bourse", souligne encore Michael Klimek. Par Frédéric Lejoint.