L'agence de notation financière Moody's a décidé de faire le ménage et d'abaisser toute une série de note avant la saison estivale? C'est l'impression qu'elle donne en abaissant à tour de bras la notation tantôt de pays comme l'Espagne ou Chypre, mais aussi de banques ou d'entreprises.

La dernière rétrogradation en date est celle de Nokia. Et, le moins qu'on puisse dire est que l'agence de notation n'y a pas été avec le dos de la cuillère. Moody's a relégué vendredi Nokia dans la catégorie des émetteurs spéculatifs. La veille le spécialiste de la téléphonie mobile avait annoncé de nouvelles mesures de réduction de ses coûts qui entraîneront 10.000 suppressions d'emplois. Moody's a dégradé la note à long terme de Nokia d'un cran, à " Ba1 " contre " Baa3 " jusqu'à présent. Elle est assortie d'une perspective négative, signifiant que l'agence n'écarte pas une nouvelle dégradation à moyen terme.

Cette baisse de rating de Nokia a été précédée dans la nuit de jeudi à vendredi par une salve de révisions portant sur des banques européennes. KBC Group et KBC Bank faisaient partie du lot. La notation de solidité financière de KBC Bank est en baisse, passant de C- à D+. La note à long terme de KBC Bank baisse de deux crans, passant de A1 à A3 et celle de KBC Group passe de A2 à B. Moody's a cependant assorti ces notes d'une perspective stable, signifiant ainsi qu'elle n'entend plus les modifier à court terme. Dans la même série les notes d'ING, d'ABN Amro et de Rabobank ont été abaissées. Au total cinq banques néerlandaises et trois françaises ont vu leur rating se détériorer auprès de Moody's.

Cette nouvelle vague de révision fait suite à une campagne de révision des ratings des institutions financières européennes qui avait déjà fait quelques victimes dont 16 banques espagnoles, d'une série de banques allemandes ou encore des trois plus grandes banques autrichiennes.

Karine Huet