"Plus le temps passe, plus je suis convaincu que nous avons été bien inspirés de choisir l'option que nous avons prise", confie-t-il à propos de la cession de Fortis. "Je m'imagine mal aujourd'hui l'Etat belge avec une banque sur le dos, avec les garanties et l'immobilisation de ressources que cela aurait représenté. Ce poids supplémentaire aurait été difficile à porter, surtout dans le contexte actuel". Interrogé sur les conditions imposées par la Commission européenne aux restructurations de Dexia, KBC et ING, alors que Fortis a été épargnée, Luc Coene se dit "perplexe". "Considérer que Fortis ne relevait pas d'une aide d'Etat m'étonne encore aujourd'hui. Car finalement, l'Etat belge a pris 12% dans BNP, ce qui est une forme d'aide d'Etat. Et BNP a en outre bénéficié d'une aide de l'Etat français. Mais, c'est le passé, il n'y a plus à revenir là-dessus", estime-t-il. M. Coene évoque par ailleurs l'avenir des banques en Belgique. "Les réseaux d'agences vont certainement être réduits significativement. Mais il y a une +aubaine+: le départ à la retraite de la génération du baby-boom qui va accroître le nombre de départs naturels", prédit-il. "Toutefois, la part de l'emploi du secteur financier dans l'économie sera certainement moins importante à l'avenir".