Elle affichait un bénéfice de 33,8 milliards de dollars pour le premier semestre 2017, loin devant les princes du pétrole occidental Exxon et Shell (7,4 milliards de dollars chacun).

Cette fuite relayée par l'agence Bloomberg (Aramco ne confirme pas) sert peut-être à faire avancer le dossier de l'IPO qui se médite. Le prince royal Mohammed ben Salman (MBS, photo), qui bouscule le pays, estime la valeur boursière du géant autour des 2.000 milliards de dollars. En vendant 5 % du capital, l'Arabie saoudite pourrait récolter 100 milliards de dollars, afin d'alimenter un plan, Vision 2030, visant à diversifier l'économie saoudienne hors du pétrole.

Aramco a des coûts imbattables, moins de 4 dollars le baril, alors qu'Exxon ou Shell dépensent 20 dollars pour la même quantité extraite. Mais des charges pèsent sur Aramco, qui est une vache à lait (si on peut l'écrire) de l'Etat saoudien, finançant écoles et infrastructures. Elle paie des taxes sur les bénéfices (50%) et des royalties sur le pétrole exporté. D'où un dividende modeste : 13 milliards de dollars au premier semestre 2017, moins qu'Exxon et Shell réunis.

L'Arabie saoudite devra éclaircir les liens confus existants entre les comptes d'Aramco et ceux de l'Etat saoudien pour rassurer les potentiels actionnaires. Les axes politiques de MBS (guerre au Yémen, tension avec le Qatar et l'Iran) peuvent inquiéter.

Jusqu'ici, la valorisation estimée par le prince Mohammed ben Salman n'est pas validée par les analystes. Le Financial Times a calculé une valeur de 1.100 milliards de dollars en tenant compte d'un baril à 64 dollars.

33,8 milliards de dollars

C'est le bénéfice enregistré au premier trimestre 2017 par Aramco.