Lors de sa grande messe de jeudi l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a pris le parti de laisser inchangé son plafond de production fixé en décembre, exigeant toutefois une meilleure discipline de l'ensemble de ses membres afin d'enrayer la dégringolade des cours du baril.

" Les difficultés persistantes pour la reprise économique, conjuguées à la présence d'une offre abondante d'or noir sur le marché, a conduit à une forte baisse des prix du pétrole ces derniers mois ", souligne le cartel dans son communiqué final.

Dans ce contexte, l'Opep a décidé de reconduire le plafond de production, fixé depuis six mois à 30 millions de barils par jour (mbj) pour l'ensemble des Etats membres. Une limite pourtant peu respectée: en mai, l'offre de l'Opep se hissait en effet en mai à 31,86 mbj, notamment gonflée par une nette hausse de la production en Arabie saoudite, en Irak et en Libye, selon des chiffres de l'Agence internationale de l'Energie (AIE). En conséquence, " nous demandons aux membres de diminuer leur offre de 1,6 mbj au total " pour se conformer à ce plafond, a expliqué aux journalistes Abdallah el-Badri, secrétaire général de l'organisation, mais sans nommer de pays en particulier.

" Tout le monde s'est mis d'accord, c'est une décision collective ", a-t-il insisté, précisant que le rétablissement de quotas individuels n'était pas à l'ordre du jour.

Le Venezuela et l'Iran, les deux pays les plus conservateurs du cartel, avaient sévèrement mis en cause en début de semaine les pays du Golfe, coupables selon eux de grossir exagérément leur offre et de déstabiliser le marché. Le puissant ministre saoudien Ali al-Nouaïmi avait jeté de l'huile sur le feu en suggérant durant le week-end qu'un relèvement du plafond de l'Opep "était nécessaire" avant de battre en retraite et de se dire finalement " content " de la situation du marché.

Les discussion furent d'autant plus difficile que les cours de l'or noir se sont effondrés de 30 dollars en trois mois, glissant à Londres à des niveaux plus vus depuis un an et demi, autour de 97 dollars le baril. Plusieurs ministres avaient d'ailleurs évoqué la possibilité de recourir ultérieurement à une réunion extraordinaire du cartel si les prix s'enfonçaient sous 90 dollars. (avec AFP)

Karine Huet