Solides perspectives

" Il y a eu un grand nombre de changements ces dernières années qui n'ont pas été compris par les investisseurs occidentaux, souligne Laurence Taylor, spécialiste du marché japonais chez T. Rowe Price. C'est la raison pour laquelle ils sont encore très largement sous-pondérés sur ce marché. Ils pensent que s'ils achètent des entreprises japonaises, ils s'exposent nécessairement sur une croissance et une démographie anémique avec une inflation basse. Or, le Japon est l'économie qui est la plus exposée sur le cycle mondial, et si on pense que le cycle va se poursuivre, c'est clairement le marché à détenir. "
...

" Il y a eu un grand nombre de changements ces dernières années qui n'ont pas été compris par les investisseurs occidentaux, souligne Laurence Taylor, spécialiste du marché japonais chez T. Rowe Price. C'est la raison pour laquelle ils sont encore très largement sous-pondérés sur ce marché. Ils pensent que s'ils achètent des entreprises japonaises, ils s'exposent nécessairement sur une croissance et une démographie anémique avec une inflation basse. Or, le Japon est l'économie qui est la plus exposée sur le cycle mondial, et si on pense que le cycle va se poursuivre, c'est clairement le marché à détenir. " Pour Nicholas Weindling, gestionnaire du fonds JP Morgan-Japan Equity, les perspectives du marché japonais sont aussi bonnes qu'elles l'ont été dans un passé récent, avec beaucoup d'éléments positifs qui se déroulent en même temps : une valorisation attractive, une croissance économique positive et un gouvernement stable. " Shinzo Abe est un des Premiers ministres qui s'est maintenu le plus longtemps au pouvoir depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et il est accompagné par un président de la Banque centrale qui est en train de battre des records de longévité. " " Cette équipe devrait rester en place durant les quatre prochaines années, de sorte que l'environnement restera favorable au niveau des politiques fiscales et monétaires, avec davantage de réformes structurelles qui seront engagées, constate Nathan Gibbs, spécialiste du marché japonais chez Schroders. La tendance est clairement positive, avec des résultats qui ont commencé à s'améliorer depuis le quatrième trimestre. Et il y a encore un écart entre la valorisation actuelle et ce qu'elle devrait être. " Rétrospectivement, la politique menée par Shinzo Abe jouit d'une appréciation très positive chez les gestionnaires de fonds. Surtout les initiatives sur la gouvernance des entreprises. " L'impact des Abenomics a été nettement supérieur à nos attentes, et c'est vraiment l'argument qui justifie d'être exposé actuellement sur le marché japonais, avec des rendements qui devraient progresser vers le niveau des actions américaines ", constate Nicholas Weindling. " Shinzo Abe a poussé les sociétés à mieux se comporter, à engager davantage de dirigeants indépendants et à les empêcher de continuer à accumuler des réserves, souligne encore Laurence Taylor. Ceci a entraîné une hausse des distributions de dividendes et des rachats d'actions comme nous n'en avions jamais vu auparavant. C'est la raison pour laquelle nous sommes, par exemple, exposés sur le secteur des télécoms au Japon. Les opérateurs - notamment NTT ou Softbank - ont arrêté de se faire une guerre des prix et ont diminué leurs dépenses d'investissements, avec pour conséquence une hausse rapide des cash-flows et des rachats d'actions propres. " " Nous apprécions les efforts faits dans ce domaine, et nous intégrons clairement cet aspect dans notre sélection de titres, indique Nathan Gibbs. Il reste encore de la marge pour s'améliorer, avec des standards qui sont encore éloignés de ce que nous connaissons dans les pays occidentaux. " En outre, le Japon a vu une explosion de la participation féminine sur le marché du travail dans la dernière décennie, qui a permis de compenser une démographie déclinante avec un taux de participation des femmes qui est désormais supérieur à celui des Etats-Unis. " En dépit de cet apport, le marché du travail japonais continue d'être en manque de travailleurs ", indique Laurence Taylor. Cette évolution démographique explique en grande partie la place que la robotisation et l'automatisation ont pris dans l'industrie japonaise et pourquoi ce pays compte aujourd'hui plusieurs leaders mondiaux dans ce domaine, des groupes sur lesquels les meilleurs gestionnaires n'hésitent pas à investir. " C'est clairement un des points forts du marché ", constate encore Laurence Taylor. " Ce secteur représente 23 % des actifs sous gestion dans notre portefeuille, souligne de son côté Nicholas Weindling, avec des sociétés comme Fanuc ou Keyence qui ne peuvent pas être achetées sur un autre marché au monde. " Si le marché ne dispose pas vraiment de géant de l'Internet comme les Etats-Unis ou la Chine, le Japon dispose néanmoins de groupes innovateurs. " Nous apprécions, par exemple, Start Today, un site innovateur qui fournit un senseur qui va permettre de filtrer automatiquement les vêtements qui seront à votre taille ", indique Laurence Taylor. " Les sociétés exposées sur Internet représentent 20 % de nos actifs sous gestion, avec notamment MonotaRo, constate Nicholas Weindling. Mais nous apprécions également un thème comme le vieillissement de la population, sur lequel nous sommes investis par le biais d'un groupe comme Nihon M&A Center qui recherche des solutions pour la transmission des entreprises pour lesquelles le fondateur n'a pas de successeur. Ce groupe a réalisé plus de 1.000 opérations sur l'exercice écoulé, avec un cours qui a été multiplié par 17 depuis l'introduction en Bourse. " Enfin, le gestionnaire de JP Morgan AM joue également la carte du tourisme sur l'archipel nippon. " Les touristes asiatiques recherchent des choses différentes par rapport à ce qu'ils peuvent trouver en Europe ou aux Etats-Unis, principalement des biens de consommation ou des produits d'hygiène. C'est ainsi que Shiseido est la deuxième position du fonds, une société qui a été historiquement mal gérée et qui dispose d'un potentiel de rattrapage significatif ". Chez Schroders, Nathan Gibbs souligne préférer les petites capitalisations, avec une exposition qui a toutefois été réduite par rapport aux niveaux historiques : " Nous apprécions également les joueurs domestiques, sur lesquels il est possible d'apporter plus de valeur ajoutée que sur les grands noms qui sont bien suivis au niveau du consensus ". Dans ce contexte, il apprécie notamment des valeurs exposées sur les dépenses d'investissement, ou sur les pièces détachées dans le secteur automobile (systèmes de transmission, pneumatiques, etc.). " Nous sommes également devenus plus constructifs dans le secteur bancaire, qui devrait être un des principaux bénéficiaires de la normalisation économique nippone. " " Nous avons également une préférence pour les petites et moyennes capitalisations (63 % des actifs sous gestion) qui permettent de s'exposer sur le futur du Japon plutôt que sur son passé, ce qui est clairement ce que les investisseurs achètent lorsqu'ils investissent sur des ETF qui sont remplis de banques et de producteurs de voitures ", indique Lawrence Taylor. Nicholas Weindling souligne que si les grandes sociétés sont généralement bien couvertes par les analystes, c'est loin d'être le cas pour l'ensemble du marché. " Près de 60 % des entreprises composant l'indice TOPIX ne sont pas suivies par plus d'un analyste, ce qui présente des opportunités très importantes pour un gestionnaire actif. "