Plus de 65% des électeurs français (66,06%) ont voté Emmanuel Macron dimanche. Sa victoire a suscité un enthousiasme auprès de tous les défenseurs de l'Union européenne. Les journaux français parlaient d'un "choix pour l'espoir" et d'un nouveau visage pour la France. La force des émotions n'a cependant pas gagné la bourse. L'indice vedette parisien, le CAC40, était en recul ce lundi matin. Quant au Bel 20, il perdait même 35 points de base vers 11 heures.

Les chances de victoire de Marine Le Pen avaient été évaluées comme faibles par les marchés financiers

L'euro n'a également bénéficié que brièvement de la victoire électorale du pro-européen Macron. Le cours de l'euro a grimpé à 1,1023 dollar dans la nuit de dimanche à lundi, le niveau le plus élevé des six derniers mois. Il a ensuite diminué à 1,0990 dollar. "Le fait que l'enthousiasme sur les marchés soit relativement limité n'est pas une surprise", réagit Vanden Houte. "La probabilité de victoire des élections par Marine Le Pen avait été évaluée comme plutôt faible par les marchés financiers." Les investisseurs avaient déjà anticipé la victoire de Macron au cours des semaines précédentes. Le CAC40 avait augmenté de 7% au cours des deux dernières semaines.

Ombre des élections parlementaires

Selon Koen De Leus, économiste en chef de BNP Paribas Fortis, il existe une autre explication à la réaction plutôt calme des bourses suite à la victoire d'Emmanuel Macron. "Les élections parlementaires éclipsent partiellement la victoire de Macron et de son tout jeune mouvement En Marche. EM pourrait avoir beaucoup de mal à établir un résultat fort et à obtenir une majorité opérationnelle au parlement", ressort-il.

Grands défis

Selon Vanden Houte, il est également prématuré de penser que la monnaie unique européenne ne pourra que progresser à partir de maintenant. "Les élections italiennes (probablement au début de l'an prochain, NDLR) seront un nouveau test important pour la monnaie unique. En outre, une amélioration de la conjoncture américaine, après un premier trimestre faible, devrait tout de même quelque peu soutenir le dollar. L'euro est certes bon marché, mais l'appréciation se fera par à-coups", explique Vanden Houte.

L'économiste en chef est en outre persuadé que pas mal de défis attendent le nouveau président français. "Il est important que Macron puisse donner un nouvel élan au projet européen, mais cela dépendra tout autant de l'Allemagne que de lui. S'il n'y a pas de volonté de la part du gouvernement allemand de faire quelques concessions sur le plan de la solidarité européenne après les élections allemandes en septembre, l'Eurozone restera fragile, avec tous les risques qui en découlent", ressort-il.