Même s'il n'y a pas de raison de paniquer, nous devons néanmoins nous rendre compte que, partout dans le monde, l'endettement de notre société se révèle monumental. Des dettes raisonnables, comme un financement, ne sont évidemment pas un problème, mais des dettes déraisonnées le sont d'autant plus. Avec cet endettement énorme, il devient très difficile de maintenir les soins de santé et les pensions à un niveau suffisamment élevé.

Aux États-Unis et en Chine, la dette publique augmente encore plus vite que chez nous, mais force est de reconnaître que la Belgique a mis très longtemps à amorcer la réforme des pensions. Cela n'a commencé qu'avec les gouvernements Di Rupo et Michel, et à l'exception de quelques initiatives éphémères (parmi lesquelles le Fonds de Vieillissement), on ne peut pas dire qu'il y ait eu des mesures très brillantes. Les décisions prises sont loin de suffire, mais c'est au moins un début.

Outre le taux d'endettement ambiant élevé, on ne peut que constater la stagnation de notre pouvoir d'achat alors que nos coûts de base restent les mêmes. Comme les taux d'intérêt sont déjà très faibles depuis longtemps, le capital que nous avons éventuellement placé (y compris l'épargne) diminue par rapport à nos revenus totaux. Avant, le Belge plaçait en moyenne 20% de son revenu ; aujourd'hui, ce n'est plus que 12%.

À partir de 50 ans, on a généralement encore un horizon de 20 ans.

Placer son argent après 50 ans ?

La plupart des gens utilisent une bonne part de leurs revenus du travail (salaire) pour les dépenses quotidiennes. Ce qu'ils épargnent, héritent ou touchent d'une assurance-groupe, ils le mettent de côté pour plus tard. Cet argent atterrit sur un compte d'épargne ou est réinjecté dans l'économie via l'achat de titres.

Mais aujourd'hui, beaucoup de gens ne disposent d'argent à placer qu'après 50 ans. N'est-il pas alors trop tard ? Pas selon Etienne de Callataÿ. Investir de l'argent à partir de 50 ans peut réellement générer encore de beaux rendements, même avec des placements plus risqués comme les actions ou les fonds d'actions.

Aujourd'hui, on reste plus longtemps jeune et en suffisamment bonne santé pour continuer à vivre chez soi après avoir atteint l'âge de la retraite. À partir de 50 ans, on a généralement encore un horizon de 20 ans avant de voir arriver les coûts élevés d'une maison de repos. Cela suffit amplement pour placer de l'argent dans des actions (directement ou via des fonds) et compenser encore d'éventuelles pertes ponctuelles.

Faire soi-même ou faire faire ?

Est-il raisonnable, et possible, d'investir soi-même avec succès dans des actifs ? Etienne de Callataÿ le déconseille. Premièrement, parce que la plupart des gens se limiteront à investir dans des actifs qu'ils connaissent bien (ou pensent bien connaître). Principalement dans des entreprises de leur propre pays ou d'un pays voisin. Or, 2018 a bien prouvé que la répartition géographique s'avère essentielle. À la fin de cette année, le BEL20 a perdu 20% tandis que la Bourse européenne clôturait à -11% et la Bourse mondiale à -5% (par rapport au 1er janvier de cette année-là).

Un investisseur non professionnel a tendance à se montrer plus naïf. Il se limite à investir dans des actifs qu'il connaît bien. Et il vend souvent sous le coup de la panique.

Deuxièmement, parce qu'un investisseur non professionnel a tendance à se montrer plus naïf. Remarquant que la population vieillit, il va par exemple miser sur des actions dans le secteur des soins de santé. Un choix que tous les investisseurs professionnels auront alors déjà fait depuis longtemps. Si l'on veut investir soi-même sans beaucoup de connaissances ou d'expérience dans le domaine, il sera préférable de choisir des fonds (mixtes). Et d'en accepter les frais. Autre raison de travailler avec des professionnels : éviter les réactions de panique. Beaucoup d'investisseurs individuels ont tendance à vendre leurs actions dès que le cours de celles-ci baisse de 5, 8 ou 10%, ce qu'il faut absolument éviter. La plus grosse erreur que peut commettre un investisseur n'est pas d'acheter cher mais bien de vendre sous le coup de la panique.

Nouvel acteur financier

Etienne de Callataÿ, administrateur chez Orcadia Asset Management © Jean-Luc Flémal/ISOPIX

Orcadia Asset Management est un acteur relativement nouveau dans le monde financier. La société propose une gestion de patrimoine axée sur le résultat, la maîtrise des risques, le service et une valeur ajoutée sociétale. Ses clients sont des particuliers, des entreprises ainsi que des investisseurs institutionnels. Orcadia se concentre uniquement sur la gestion de patrimoine et sous-traite les services d'encadrement à des spécialistes externes.

(Source: Le Vif Extra: Make Money, Be Happy)