Tous les indicateurs sont au rouge. Les revenus sont en recul de 55 millions de dollars par rapport au trimestre précédent. Les pertes sont colossales : - 385 millions en trois mois. Et le nombre d'utilisateurs progresse faiblement : + 4 millions d'abonnés, alors que les analystes tablaient sur 7 millions de nouveaux adeptes.
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Tous les indicateurs sont au rouge. Les revenus sont en recul de 55 millions de dollars par rapport au trimestre précédent. Les pertes sont colossales : - 385 millions en trois mois. Et le nombre d'utilisateurs progresse faiblement : + 4 millions d'abonnés, alors que les analystes tablaient sur 7 millions de nouveaux adeptes. Contrairement à Twitter, qui semble avoir enfin trouvé la bonne formule pour gagner de l'argent (deux trimestres consécutifs en positif), Snapchat peine à transformer son succès commercial en succès financier. Plus de 190 millions de personnes - essentiellement des jeunes connectés, les millennials - utilisent Snapchat, un réseau social centré sur les échanges de photos et de vidéos amusantes. Problème : ce qui faisait l'originalité de Snapchat a progressivement été copié et récupéré par ses concurrents. Notamment Instagram, qui n'a pas hésité à recycler à son compte les fameuses stories de Snapchat, ces histoires multimédias que l'on peut partager avec ses amis. Instagram, l'application de partage de photos détenue par Facebook, compte aujourd'hui quatre fois plus d'utilisateurs que Snapchat. Snapchat subit aussi la concurrence de messageries comme WhatsApp (également détenue par Facebook), et bien entendu du réseau social Facebook lui-même. Comme Twitter, Snapchat doit résoudre une équation complexe : générer toujours plus de rentrées publicitaires (c'est quasiment son unique source de revenus) tout en évitant que ces publicités soient trop intrusives, sous peine de perdre une base d'utilisateurs énorme mais très volatile.