L'ex Pinault Printemps Redoute serait donc sur le point d'effacer toute trace de ses origines. La société Pinault, lancée en 1963, s'est en effet développée jusqu'à la fin des années 80 dans le commerce de matériaux de construction. Ces activités ont été progressivement cédées jusqu'à la vente de Rexel, distributeur de matériel électrique, en 2004.

Durant les années 90, le groupe avait développé un large pôle distribution avec notamment les magasins Printemps, Conforama, la Redoute ou la Fnac dont il ne reste déjà plus que les deux derniers. La Redoute constitue le maillon essentiel de Redcats (pôle vente à distance de PPR) que le groupe s'apprêterait à vendre par appartement cet automne et en 2013. Par ailleurs, PPR envisagerait également d'introduire la Fnac en Bourse.

Cela permettrait au groupe d'origine bretonne de se recentrer complètement sur les secteurs du luxe et du sport & lifestyle. PPR avait fait une entrée remarquée dans le secteur du luxe avec l'acquisition de 42% de Gucci Group en 1999 (participation relevée depuis à 100%) qui lui a permis de développer un véritable pôle Luxe au travers des acquisitions de Yves Saint Laurent, de Boucheron, de l'horloger Sowind (notamment Girard-Perregaux), etc. Ces dernières années, le désormis numéro deux mondial du luxe a également développé un pôle sport & lifestyle essentiellement via de l'acquisition en plusieurs phases de 75% de Puma.

Désormais que le sort des activités de distribution (qui ont représenté 60% du chiffre d'affaires et 26% du bénéfice opérationnel de PPR en 2011) semble scellé, reste à savoir à quoi serviront les fonds dégagés. Le groupe pourrait réduire son désendettement (dette nette de 4,5 milliards d'euros) mais il doit également veiller au remplacement des profits des activités de distribution. Dans le luxe, les opportunités sont toutefois rares et chères désormais. PPR pourrait donc plutôt miser sur le sport & lifestyle en acquérant le solde de Puma et de nouvelles marques.

En Bourse, PPR espère ainsi effacer sa nette décote par rapport à LVMH ou Richemont, les numéros un et trois mondial du luxe.

Cédric Boitte

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