Le gestionnaire néerlandais Robeco a publié des prévisions de returns à cinq ans. Il s'agit bien du return, c'est-à-dire de ce qu'un investissement rapporte au total. Soit d'une part le rendement procuré par les coupons et dividendes et, d'autre part, l'évolution du cours. Ces prévisions sont franchement décourageantes pour l'épargnant belge amateur de revenu fixe qui refuse le risque monétaire et s'en tient donc à l'euro. On n'évoquera que pour mémoire les obligations d'Etat de la meilleure qualité, soit celles bénéficiant du rating AAA : Robeco attend un return annuel moyen négatif de -1,75 % pour ces titres ! Aucun investisseur particulier ne songerait en effet à acheter des obligations émises par l'Allemagne ou les Pays-Bas, dont le rendement est déjà négatif. Présentées ces dernières années comme l'alternative salvatrice, les obligations d'entreprise sont aujourd'hui victimes de leur succès : quand l'émetteur est de très bonne qualité, le rendement est insignifiant, voire négatif. L'agence d'informations financières Bloomberg a calculé que le stock d'obligations d'entreprises à taux négatif avait récemment passé le cap des 1.000 milliards, essentiellement en euro, contre 15.000 milliards pour les obligations d'Etat. Ces chiffres ont toutefois décru ces dernières semaines.
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