Dans le domaine des fonds mixtes flexibles, Invesco est un des acteurs anglo-saxons qui s'est lancé le plus tôt sur ce segment. Le gestionnaire dispose aujourd'hui de plusieurs produits qui ont atteint des tailles impressionnantes, comme Invesco Balanced-Risk Allocation (3,7 milliards d'euros en actifs sous gestion), Invesco Global Targeted Returns (8,2 milliards d'euros) ou encore Invesco Pan European High Income Fund (11,5 milliards d'euros uniquement pour la sicav cotée à Luxembourg).
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Dans le domaine des fonds mixtes flexibles, Invesco est un des acteurs anglo-saxons qui s'est lancé le plus tôt sur ce segment. Le gestionnaire dispose aujourd'hui de plusieurs produits qui ont atteint des tailles impressionnantes, comme Invesco Balanced-Risk Allocation (3,7 milliards d'euros en actifs sous gestion), Invesco Global Targeted Returns (8,2 milliards d'euros) ou encore Invesco Pan European High Income Fund (11,5 milliards d'euros uniquement pour la sicav cotée à Luxembourg). Si les deux premiers font largement appel aux futures (contrats à terme, Ndlr) sur indice et à tous les instruments qu'il est possible de trouver sur les marchés financiers pour s'exposer sur diverses thématiques, Invesco Pan European High Income est beaucoup plus classique dans sa manière d'allouer ses actifs, le portefeuille étant assez classiquement réparti entre des lignes directes sur les actions, sur les obligations et sur les liquidités. Paul Read est cogestionnaire d'Invesco Pan European High Income depuis son lancement. Il est également responsable de la recherche obligataire chez Invesco Perpetual. Ce produit affiche depuis de nombreuses années quatre ou cinq étoiles Morningstar et a reçu de nombreuses récompenses annuelles, notamment le Trends Awards du meilleur fonds flexible pour l'année 2013. Il figure également parmi les meilleurs fonds mixtes avec allocation prudente sur un, trois et cinq ans, en compagnie de produits tels que Keren Patrimoine DNCA Eurose ou Echiquier Arty. Nous avons eu le plaisir de le rencontrer récemment pour qu'il nous livre ses impressions sur l'état actuel du marché, et sur la difficulté de dégager de la performance dans la partie obligataire du portefeuille, le fonds étant limité à une exposition de 30 % sur les actions. " Tout d'abord, je pense que cette stratégie a été un véhicule fantastique pour les investisseurs européens à la recherche de rendement depuis son lancement en 2007, déclare Paul Read. Dans le même temps, il est aujourd'hui difficile d'être vraiment inspiré sur les marchés obligataires. Je ne peux pas rester totalement en cash et nous devons continuer à trouver des opportunités d'investissement dans un contexte où la plupart des entreprises émettent à des niveaux que je n'aurais jamais cru possibles. Sur l'ensemble de nos actifs obligataires, nous avons 35 milliards d'euros à investir alors que nous avons été continuellement prudents sur cette classe d'actifs depuis plusieurs années. " Paul Read souligne également la recherche continuelle de rendement qui entraîne une très large demande pour les émissions qui arrivent sur le marché, dans un contexte où les banques centrales ont été très agressives depuis près de 10 ans. " La BCE achète chaque jour de la dette d'entreprise pour forcer les investisseurs à prendre davantage de risque, ce qui pousse les prix vers des niveaux qui sont anormaux. " Paul Read souligne également que l'élection de Donald Trump avait rapidement fait progresser le taux à 10 ans aux Etats-Unis, dans l'attente d'un plan de relance qui serait naturellement inflationniste. " Mais lorsque le niveau de 2,6 % a été atteint, de nombreux investisseurs sont venus massivement pour profiter de cet effet d'aubaine. Et je crains que cette recherche avide de rendement au niveau global limite désormais le niveau que pourront atteindre les taux obligataires dans le futur. " Dans ce contexte, il souligne qu'il faudra être particulièrement attentif durant les six prochains mois et observer la manière dont les marchés vont réagir à la normalisation de la politique monétaire américaine. " Tout ce que nous pouvons faire pour le moment, c'est être prudent et nous préparer au moment où les actifs obligataires vont corriger. Les entreprises qui ont vu leur taux se réduire le plus fortement ne sont pas les groupes de bonne qualité, mais plutôt ceux qui risquent d'être pénalisés en premier par un arrêt des rachats par les autorités monétaires. Les valorisations dans le haut rendement sont devenues très étroites et ne protègent tout simplement plus les investisseurs contre un éventuel risque de défaut. " Dans ce contexte, Paul Read a maintenu son allocation en actions autour de 20 % des actifs sous gestion et a diminué son exposition sur la dette à haut rendement pour relever sa position en liquidités (10 % des actifs sous gestion), dans les obligations souveraines (5%) et dans la dette de qualité investment grade (10%) sur le marché américain. " A l'heure actuelle, je préfère être positionné dans les segments du marché qui sont les moins manipulés au détriment des épargnants par les autorités monétaires et sur lesquels la prime de risque est plus rationnelle. " Nick Mustoe, CIO chez Invesco Perpetual, souligne que la volatilité sur les marchés est aujourd'hui extrêmement faible. " Tout le monde semble se comporter comme si l'inflation et les taux allaient rester faibles pendant longtemps, avec des valorisations sectorielles qui sont extrêmement faibles pour les cycliques et extrêmement élevées pour les valeurs défensives. Les actions européennes représentent aujourd'hui une des opportunités d'investissement les plus évidentes pour les trois à cinq prochaines années, notamment en raison des perspectives de rattrapage par rapport au marché américain. " " Même si la Fed normalise sa politique, nous pensons que la dette américaine trouvera preneur, ce qui limitera le potentiel de correction sur ce marché. Je suis toutefois moins confiant sur l'impact que cet attrait pour la dette souveraine américaine aura sur la dette émergente. Nous pensons que beaucoup d'investisseurs ont pris des risques et chercheront à sortir ", indique encore Paul Read. Il souligne toutefois avoir été toujours prudent avec la dette émergente, notamment en raison des problèmes de gouvernance, avec des primes qui ne sont jamais assez importantes par rapport au risque pris.