La plupart des épargnants belges sont effrayés par la Bourse. Il y a une vingtaine d'années, les actions mobilisaient leur attention. Aujourd'hui, ils jettent leur dévolu sur des chalets en Ardennes, des résidences-services et des appartements en Espagne. Pourtant, le fossé qui sépare compte d'épargne et immobilier est bien plus grand que celui qui sépare compte d'épargne et Bourse. Les banques vous permettent de souscrire à un plan d'investissement à partir de 25 euros par an, alors que dans l'immobilier résidentiel, il faut rapidement mettre quelques centaines de milliers d'euros sur la table et/ou contracter un emprunt.

Plans d'investissement

Un plan d'investissement ou un plan d'épargne en fonds recèle trois importants atouts. Premièrement, vous pouvez déjà commencer à investir avec une très petite somme. Deuxièmement, vous achetez une partie d'un portefeuille diversifié en actions et/ou obligations. Troisièmement, votre investissement est étalé dans le temps.

Personne ne peut se targuer d'avoir une boule de cristal. Il est peut-être possible de choisir le bon timing à plusieurs reprises, mais certainement pas à chaque fois. Il est préférable d'investir tous les mois un montant fixe. C'est ainsi que vous paierez parfois trop, parfois trop peu et parfois un prix correct. Si vous préférez faire cavalier seul lorsqu'il s'agit d'investir dans des fonds, actions ou obligations, il est toujours bon de copier le mécanisme des plans d'épargne en fonds.

AXA a lancé son plan d'investissement en septembre dernier et depuis lors, la formule a attiré quelque 3.000 clients. D'autres banques comme KBC, ING Belgique et Keytrade Bank ont constaté l'an dernier que l'intérêt pour ce type de produits a progressé de 30 à 40 %. BNP Paribas Fortis observe également que ses clients versent davantage d'argent dans leur plan d'investissement. Le versement mensuel moyen en 2016 s'élevait à plus de 300 euros, soit près de deux fois plus qu'en 2015.

Tous les plans ne sont pas aussi flexibles en ce qui concerne la périodicité des versements ou les possibilités qui s'offrent aux investisseurs. Dans la majorité des banques, il n'y a qu'un nombre restreint de fonds maison dans la gamme. Chez Keytrade Bank, vous avez le choix parmi 40 fonds de différents gestionnaires de patrimoine. En outre, la banque en ligne ne facture aucuns frais d'entrée, contrairement à d'autres banques. Les frais de sortie de 9,95 euros par fonds ne sont dus que si vous quittez le plan d'épargne en fonds dans les cinq ans.

Gestion automatisée

Le courtier en ligne Binck vient de lancer son offre de gestion patrimoniale automatisée et ne peut donc encore présenter aucun rendement. A l'instar de Keytrade Bank et d'Easyvest, Binck investit votre argent dans des fonds cotés en Bourse qui reproduisent les prestations d'indices ou d'un panier d'actifs (trackers). Chez MeDirect, la gestion patrimoniale en ligne passe par des fonds de placement gérés activement sélectionnés par le spécialiste des fonds Morningstar. Chez Evi, le pôle internet de Van Lanschot Bankiers, votre argent est versé dans le fonds qui correspond à votre profil d'investisseur et ce fonds investit à son tour en actions et obligations.

Les rendements publiés par les divers robots ne sont pas tout à fait comparables, mais voici quelques exemples afin que vous puissiez vous faire une idée. Sur son site web, Easyvest affiche pour 2016 un rendement de 6,7 % pour qui a choisi un portefeuille composé de 2 % de liquidités, 48 % d'obligations et 50 % d'actions. A noter que ce rendement ne tient pas compte des taxes. Le portefeuille " équilibré " de Key Private vous aurait quant à lui procuré un rendement de 6,5 %. Outre les taxes, il convient encore de retirer ici des frais de gestion.

Le seuil d'entrée est très bas. Chez Evi, 1.000 euros suffisent même. Les coûts sont également beaucoup plus bas qu'auprès des banques privées classiques. Binck comptabilise par exemple des frais de gestion de 0,6 % sur une base annuelle et se situe ainsi dans la moyenne. A cela s'ajoutent, certes, les frais propres aux fonds sous-jacents. Les taxes dépendent aussi des actifs sous-jacents.