1. Le cash comme tampon

Le cash, en d'autres mots l'argent placé sur un compte d'épargne ou un compte à terme, offre aujourd'hui un rendement particulièrement bas. On n'y gagne presque rien, au contraire, puisque le cash n'offre même aucune protection contre l'inflation. Mais l'épargne peut vous servir de tampon provisoire pendant que vous étudiez les possibilités de réorientation de votre portefeuille. Ou si vous pensez avoir besoin de votre argent à court terme.

2. Des actions européennes

Ce qui est remarquable sur les marchés financiers, ce n'est pas que les actions sont chères ou bon marché, mais que le taux d'intérêt, piloté par les banques centrales, reste faible. Normalement, le rendement des actions d'une entreprise est déterminé par les bénéfices que fait cette entreprise, tandis qu'une obligation vous rapporte de l'argent sur la base d'un taux d'intérêt donné. Aujourd'hui, le taux d'intérêt des obligations est tellement bas qu'il est de toute façon préférable d'opter pour des actions. Les investisseurs expérimentés ont un terme pour désigner cette situation : TINA, acronyme de there is no alternative.

La situation économique influe également sur le choix en faveur des actions. L'économie évolue certes favorablement, mais pas de façon spectaculaire. Sur le long terme, Etienne de Callataÿ ne s'attend pas à des effets trop négatifs des guerres commerciales ou du Brexit, et éloigne le spectre d'une éventuelle récession. Dans le même temps, les bénéfices des entreprises américaines sont relativement élevés, contrairement à ceux des entreprises européennes. C'est dû au fait que le pays compte des entreprises particulièrement rentables comme Amazon, Google, Apple, Facebook... Cependant, comme il n'est absolument pas certain que ces bénéfices demeurent élevés (et que l'impôt des sociétés reste bas), les gestionnaires de patrimoines d'Orcadia lorgnent plutôt vers les actions d'entreprises européennes, qui ne sont pas super bon marché, au contraire.

3. Éviter les obligations

Les obligations européennes (à long terme) ne sont certainement pas attractives. Plus le terme de l'obligation est long, plus la chance que le taux remonte s'éloigne. Dans ce cas, le rendement des obligations peut résulter en une valeur négative. En effet, qui voudrait payer le plein pot pour vos obligations à taux faible alors que le marché propose entre-temps des obligations avec un taux plus élevé ? Un taux à long terme ne grimpera pas forcément vite, ni de façon importante. En résumé, si on ne doit pas craindre dans l'immédiat une baisse de valeur, il ne faut pas s'attendre non plus à un gros rendement.

4. De l'immobilier, et de préférence diversifié

Nombre d'entre nous investissent dans de l'immobilier, en achetant un logement propre avec un crédit hypothécaire. Ce qui se révèle en moyenne moins cher que louer, car un loueur inclut de toute façon une prime de risque (pour compenser le risque de mauvais locataires) dans le loyer demandé. Lorsque vous êtes propriétaire de votre logement, vous économisez cette prime de risque. Investir dans l'achat de votre propre logement est une décision relativement sûre sur le plan financier car vous avez de toute façon besoin d'un logement. L'immobilier en tant que placement pur représente une autre histoire. Vous pouvez en effet avoir des périodes où votre bâtiment reste inoccupé, le quartier où il se trouve peut se détériorer, les frais d'entretien peuvent s'accumuler... sans compter le temps nécessaire pour le gérer. Question diversification, la situation n'est pas toujours brillante non plus. La plupart des investisseurs achètent des biens peu éloignés de leur propre logement, parce qu'ils connaissent la région ou pour procéder à des réparations plus facilement. Cependant, en procédant ainsi, vous ne diversifiez pas. Il est préférable d'acheter de l'immobilier avec une certaine répartition géographique, ce qui nécessite pas mal de moyens. En outre, dans certains pays, il n'est pas possible d'acheter de l'immobilier. Il est alors préférable d'investir dans des actions d'une société immobilière réglementée (SIR) active dans plusieurs pays.

5. Spéculer sur l'or et les cryptomonnaies

Si les actions sont couvertes et valorisées par un stock, des contrats commerciaux, des factures de vente, des brevets, des camions de l'entreprise représentée... ce n'est pas le cas de l'or. La valeur de l'or est le prix que quelqu'un est prêt à payer pour en acquérir, raison pour laquelle le prix de l'or varie tellement. Il dépend aussi de ce que les banques centrales font avec leurs réserves. L'or n'est pas productif, y investir c'est spéculer. Les cryptomonnaies (comme le Bitcoin) sont totalement à éviter. Cela équivaudrait à un jeu de hasard, comme jouer au casino. Investir directement dans des matières premières représente aussi de la spéculation. Il est préférable d'investir dans des actions d'entreprises qui utilisent des matières premières pour créer et générer de la valeur ajoutée via leurs produits.

6. Acheter une forêt

En Belgique, les forêts bénéficient d'un traitement fiscal avantageux en matière de succession. C'est la raison pour laquelle feu Albert Frère, important investisseur belge, avait placé une partie de sa fortune en forêts. Il existe également un autre avantage : tant que le prix du bois reste bas, mieux vaut attendre pour abattre des arbres. Si le prix augmente à terme, les arbres seront plus grands et vous aurez plus de bois à vendre. Comme quoi la forêt se révèle bien plus que l'arbre qui la cache, Albert Frère l'avait bien compris...

(Source: Le Vif Extra: Make Money, Be Happy)