Alors que le secteur de la grande distribution doit composer avec une faible croissance et une forte concurrence dans les pays occidentaux, Walmart a pu annoncer des chiffres trimestriels défiant la crise. Hors carburant, sa croissance comparable flirte avec les 10% aux Etats-Unis et son profit opérationnel ajusté a bondi de 19%. Contrairement à de nombreuses entreprises qui doivent déprécier leurs actifs, Walmart voit la valeur de ses investissements augmenter, ce qui a gonflé son bénéfice net : +79% à 6,5 milliards de dollars.
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Alors que le secteur de la grande distribution doit composer avec une faible croissance et une forte concurrence dans les pays occidentaux, Walmart a pu annoncer des chiffres trimestriels défiant la crise. Hors carburant, sa croissance comparable flirte avec les 10% aux Etats-Unis et son profit opérationnel ajusté a bondi de 19%. Contrairement à de nombreuses entreprises qui doivent déprécier leurs actifs, Walmart voit la valeur de ses investissements augmenter, ce qui a gonflé son bénéfice net : +79% à 6,5 milliards de dollars. Ce miracle porte un nom : l'e-commerce. Les ventes en ligne de Walmart ont quasiment doublé, le géant américain recueillant les fruits de longues années d'investissements, de pertes et d'erreurs aussi. Walmart est devenu le numéro 2 de l'e-commerce aux Etats-Unis, derrière Amazon et devant eBay. Les investisseurs avaient longtemps douté. En 2015, le titre était même revenu à son niveau de 10 ans plus tôt. Mais il a désormais comblé une bonne partie de son retard par rapport au S&P500, l'indice de référence sur Wall Street. Walmart pourra en effet se montrer généreux avec ses actionnaires, son flux de trésorerie libre (par exemple pour verser des dividendes) ayant dépassé les 15 milliards de dollars au premier semestre. La valorisation boursière de Walmart est désormais nettement plus tendue, à 26 fois le bénéfice prévu pour l'exercice en cours, contre 11 pour Carrefour ou 13 pour Ahold Delhaize. Pourtant, les analystes continuent de miser sur le géant américain avec un consensus d'accumuler et un objectif de cours moyen de 143 dollars. Les analystes d'UBS, du Crédit Suisse, d'Oppenheimer, de Bernstein, de Morgan Stanley ou de la Deutsche Bank ont notamment remonté leur avis. Ce n'est d'ailleurs pas le premier dinosaure à relever le défi imposé par les Google, Facebook ou Amazon. Apple et Microsoft sont parvenus à intégrer le club des Gafam alors que le premier a frôlé le dépôt de bilan en 1997 et que le second semblait complétement dépassé par le boom du cloud et des smartphones jusqu'en 2013. A chaque révolution technologique, de nouveaux acteurs apparaissent, d'anciens disparaissent, mais certains parviennent à s'adapter, ce que l'on surnomme le darwinisme technologique. Le géant pharmaceutique Pfizer a connu une succession de révolutions médicales depuis sa fondation en 1849 et la commercialisation d'une pastille aux propriétés vermifuges. A la fin du 19e siècle, il s'est lancé dans la production d'acide citrique pour Coca-Cola et Dr Pepper. Durant la Deuxième Guerre mondiale, il utilise son savoir-faire pour ravitailler les troupes en pénicilline et développe ensuite un nouvel antibiotique, la Terramycine, le premier vrai médicament de Pfizer. Le groupe connaît ensuite l'ère des blockbusters et son corollaire au début de ce siècle : la falaise des brevets (perte de la protection des brevets pour des médicaments phares). Pfizer est désormais entré de plain-pied dans la biopharmacie et dispose de nouveau d'un des portefeuilles de produits en développement les plus prometteurs du secteur. En Bourse, le titre a renoué avec ses sommets de 1999-2001. A 15 fois les bénéfices, il présente toutefois toujours une nette décote par rapport à Roche ou Novartis. Plus près de chez nous, Volkswagen représente un véritable cas d'école. En 1945, l'entreprise a failli disparaître et n'a dû son salut qu'à un général britannique séduit par les toutes premières Coccinelle. Déjouant les pronostics, Volkswagen a excellé durant toute la seconde moitié du 20e siècle avec une série de modèles mythiques : la Coccinelle évidemment, le combi, la Golf. Le géant allemand a ensuite parfaitement négocié le virage des pays émergents. Mais on ne peut en dire autant de l'électrification. Quand le scandale du dieselgate éclate en 2015, Tesla préparait déjà le lancement de son véhicule grand public, la Model 3. Complètement largué, Volkswagen a ensuite décidé de mettre les bouchées doubles. Le groupe se donne pour ambition de devenir le leader de l'électrique et des voitures connectées. Le budget d'investissements est colossal : 60 milliards d'euros d'ici 2024. Contrairement à de nombreux autres constructeurs, le géant allemand ne se contente pas d'électrifier ou de moderniser des modèles existants. Il crée une toute nouvelle gamme (portant le préfixe ID) et une nouvelle plateforme avec des usines dédiées sur trois continents. Il a commencé à produire ses propres cellules de batterie et investit massivement dans la prochaine génération de batteries solides, plus sûres et plus performantes (autonomie et rapidité de recharge). Son triple objectif est de devenir le numéro 1 des véhicules propres, de consolider son leadership mondial et... d'améliorer ses marges. Volkswagen a en effet calculé que l'assemblage d'une voiture électrique exige 30% d'efforts en moins qu'un véhicule thermique. Il a aussi déterminé que la fabrication d'un modèle électrique spécifique comme l'ID. 3 coûte 40% moins cher qu'une Golf électrique. C'est un peu comme si Volkswagen développait en interne sa propre Tesla en utilisant le cash généré par ses " anciennes activités ". En Bourse, les investisseurs demeurent pourtant méfiants : Volkswagen ne vaut que 70 milliards d'euros, quasiment cinq fois moins que le groupe américain. Le cas d'IBM est davantage comparable à celui de Microsoft ou d'Apple. Depuis sa création en 1911, Big Blue a des dizaines d'innovations à son actif. Le groupe a notamment inventé le calculateur numérique, le code-barres et le PC. Mais il a complétement raté le virage des appareils mobiles. Entre 2012 et 2017, IBM a accusé un recul de son chiffre d'affaires durant 22 trimestres consécutifs. Depuis, le groupe a mis fin à l'hémorragie mais n'a pas renoué avec son lustre d'antan, son niveau d'activité restant assez stable jusqu'à la crise du coronavirus. Au deuxième trimestre de cette année, ses chiffres ont logiquement souffert de la récession mais ses pôles de croissance, dans lesquels il a beaucoup investi depuis 2014, ont permis d'atténuer le choc. Ses revenus dans le cloud ont bondi de 30%, à 6,3 milliards de dollars, soit plus d'un tiers du chiffre d'affaires du groupe. Symbole de la nouvelle stratégie du groupe, le nouveau CEO nommé en début d'année. Arvind Krishna a commencé sa carrière chez IBM Research, où il a notamment contribué à l'ambitieux projet d'intelligence artificielle Watson. Il a ensuite présidé le pôle regroupant les activités cloud et supervisé l'intégration du spécialiste des logiciels open source Red Hat, racheté pour 34 milliards de dollars. L'ingénieur indo-américain connaît ainsi bien les trois activités au centre la stratégie de Big Blue. Et il se montre confiant, ayant déclaré qu'IBM renouera avec une croissance durable dès que la crise du coronavirus sera passée. Le groupe a évidemment encore beaucoup à faire avant de redevenir un leader technologique mais ses premiers succès lui permettent de gonfler ses dépenses R&D, cruciales dans son secteur. Arvind Krishna veut aussi changer les mentalités, mettre fin à la bureaucratie qui avait fini par avoir raison de la faculté d'innovation et de l'esprit d'entreprise. Pour les investisseurs, l'intérêt du titre est aussi sa très faible valorisation avec un rapport cours/bénéfice d'à peine 10 sur la base des chiffres 2019 et un rendement de dividende brut de plus de 5%. Durant les années 1980-90, Sony était synonyme d'innovation et de qualité. Les consommateurs du monde entier plébiscitaient la marque de l'inventeur du walkman et du CD. Au milieu des années 1990, le groupe japonais s'attaque avec succès au marché des consoles de jeux avec la Playstation. Au début de ce siècle, les chiffres suivent mais plus les investisseurs, qui sentent le vent tourner avec le développement des groupes sud-coréens dans l'électronique (Samsung, LG) et les débuts tonitruants de l'iPhone. En une décennie, les ventes mondiales de consoles de jeux chutent de moitié. Les marchés des lecteurs de CD/DVD, des systèmes de navigation, des caméras/appareils photo, etc. s'effondrent. La part de Sony dans les ventes mondiales de téléviseurs chute de 11% à 7% en deux ans. Le groupe japonais lance ses propres smartphones mais c'est un flop. Les années 2011 et 2012 sont catastrophiques, l'avenir du groupe japonais est remis en cause. En 2012, Sony annonce un nouveau plan stratégique qui ressemble davantage à une vaste restructuration pour sauver ce qui peut l'être. Les chiffres se stabilisent, permettant au groupe de mûrir sa future stratégie. En 2015, Sony annonce mettre le cap sur les divertissements (jeux, etc.) et son expertise dans les capteurs photos (et autres composants de smartphones). Ses ventes de smartphones et de TV restent en berne mais Sony n'y consacre plus d'importants budgets. L'objectif d'une multiplication par 25 du profit entre 2015 et 2018 laisse les marchés dubitatifs. Le groupe japonais fait pourtant mieux : x 36. La tendance est restée favorable ces deux dernières années avec des profits record et l'avenir semble radieux grâce à la multiplication des capteurs photo sur les smartphones. Apple aurait également choisi d'équiper son prochain iPhone du capteur 3D de Sony. Le Boston Consulting Group a classé Sony, neuvième groupe le plus innovant du monde (juste derrière IBM) en 2020. Sur les 25 analystes suivant le titre, 20 sont à acheter/accumuler et 5 à conserver, aucun ne conseille de vendre.