Les actions européennes ont subi des sorties massives durant les deux dernières années, avec plus de 240 milliards d'euros qui ont quitté les bourses européennes pour se diriger (principalement) vers les marchés obligataires. Pour Rajesh Tanna, gestionnaire du fonds JP Morgan Investment Funds-Europe Select Equity Fund, le marché a une perception fausse du Vieux Continent. "Pour de nombreux institutionnels, l'Europe est assimilée à une région cyclique avec des actions de faible qualité. La principale raison de la sous-performance du marché européen sur les 10 dernières années fut effectivement un manque de croissance des résultats, ce qui n'est pas étonnant puisque les télécoms, les pétrolières et les bancaires constituaient plus de 50% de l'indice Stoxx 50 en 2008."
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Les actions européennes ont subi des sorties massives durant les deux dernières années, avec plus de 240 milliards d'euros qui ont quitté les bourses européennes pour se diriger (principalement) vers les marchés obligataires. Pour Rajesh Tanna, gestionnaire du fonds JP Morgan Investment Funds-Europe Select Equity Fund, le marché a une perception fausse du Vieux Continent. "Pour de nombreux institutionnels, l'Europe est assimilée à une région cyclique avec des actions de faible qualité. La principale raison de la sous-performance du marché européen sur les 10 dernières années fut effectivement un manque de croissance des résultats, ce qui n'est pas étonnant puisque les télécoms, les pétrolières et les bancaires constituaient plus de 50% de l'indice Stoxx 50 en 2008." Cette perception d'un marché cyclique et de faible qualité est aujourd'hui loin de la réalité, avec une composition de l'indice Stoxx 50 qui s'est très largement modifiée. "Ce sont aujourd'hui la technologie, les soins de santé ou les biens de consommation qui pèsent plus de la moitié de l'indice, et l'Europe est donc mieux placée pour continuer à afficher une croissance plus rapide de ses résultats et compter sur un redressement de l'activité économique globale, constate Rajesh Tanna. Au niveau sectoriel, les valeurs technologiques européennes n'ont pas atteint les niveaux extrêmes des valorisations affichées par les grands groupes américains." Quant à savoir quel pourrait être le catalyseur susceptible de révéler les qualités des actions européennes, le gestionnaire pointe les changements profonds dans la politique menée par l'Union européenne qui devrait permettre une baisse des risques politiques et du populisme. "Ce changement d'approche est crucial pour diminuer les risques d'éclatement de la zone euro sur le long terme." "Notre principal critère pour choisir une société est sa génération de flux de trésorerie élevés et soutenables sur le long terme. Sur ce critère, je ne peux que constater que les actions européennes sont actuellement extrêmement attractives", poursuit Rajesh Tanna. JP Morgan Investment Funds-Europe Select Equity Fund (Isin : LU0159405223) n'est pas exposé sur des secteurs en déclin structurel, ainsi que les entreprises trop fortement endettées, un facteur qui est devenu particulièrement important depuis le déclenchement de la crise sanitaire. "Nous préférons des entreprises qui sont concentrées sur un secteur dans lequel elles détiennent une position dominante avec des perspectives de croissance sur le long terme et la capacité de créer beaucoup de valeur pour leurs actionnaires." Cette analyse est d'ailleurs partagée par Ivan Bouillot, le gestionnaire du fonds BL-Equities Europe (Isin : LU0093570330) qui souligne que les marchés européens ont repris deux tiers des pertes encaissées durant les mois de mars et avril, mais que la performance des financières et des télécoms continue de peser sur le marché. "Notre stratégie d'investissement vise des sociétés leaders mondiales sur leur marché qui sont peu impactées par l'environnement économique. Ceci nous a toutefois permis de dégager une performance supérieure au reste du marché avec un profil de volatilité plus attractif." Parmi les segments que les deux gestionnaires apprécient plus particulièrement, Rajesh Tanna pointe le secteur du luxe (voir encadré ci-dessus), les groupes actifs dans les semi-conducteurs (notamment ASML ou Infineon), l'infrastructure et les producteurs d'énergie renouvelable, trois segments où l'Europe dispose de positions fortes. " ASML est au centre des toutes les architectures informatiques tandis qu'Infineon est un des principaux fournisseurs de semi-conducteurs destinés aux véhicules électriques ou autonomes, un marché qui est appelé à tripler durant les prochaines années. " De son côté, Ivan Bouillot se montre tout aussi enthousiaste sur certaines valeurs technologiques, comme SAP ou Avast. " Nous avons également profité de la correction pour nous positionner sur des titres comme CHR Hansen, Dassault Systèmes, L'Oréal, SGS ou Geberit ; tout en renforçant également nos positions sur des groupes comme Adidas, Roche, Fresenius ou Pernod Ricard. "