Pour les grands groupes américains rassemblés au sein du S&P 500, la chute est désormais estimée à 33,8%, selon le fournisseur d'infor- mations financières Factset. A comparer avec le plongeon de 35,4% du premier trimestre 2009, au plus fort de la Grande Récession. Le bilan est pourtant enjolivé par les Gafam (Google/Alphabet, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft). Horm...

Pour les grands groupes américains rassemblés au sein du S&P 500, la chute est désormais estimée à 33,8%, selon le fournisseur d'infor- mations financières Factset. A comparer avec le plongeon de 35,4% du premier trimestre 2009, au plus fort de la Grande Récession. Le bilan est pourtant enjolivé par les Gafam (Google/Alphabet, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft). Hormis Alphabet, ceux-ci affichent une croissance de leurs revenus supérieure à 10%. Au total, les Gafam ont dégagé 34 milliards de dollars de profits sur le seul deuxième trimestre. Les secteurs de l'industrie, de la consommation discrétionnaire (automobile, etc.) et des finances ont par contre vu leurs bénéfices chuter de plus de moitié. Le secteur de l'énergie accuse globalement une perte aux Etats-Unis. En Europe, le bilan est encore pire, les profits des entreprises du Stoxx 600 ayant dégringolé de 68%, selon le dernier consensus du fournisseur de données Refinitiv. Ce plongeon des profits des entreprises européennes s'explique notamment par le confinement plus strict sur le Vieux Continent. Rayon perspectives, les analystes tablent sur un net rebond en 2021 et anticipent même que les bénéfices du S&P 500 vont revenir à leur niveau de 2019. Mais la divergence entre secteurs et entreprises restera grande. Rien ne semble pouvoir arrêter les leaders technologiques. Les secteurs aérien et du tourisme semblent par contre promis à une longue traversée du désert. Entre les deux, les marchés apprécient le discours vérité des entreprises qui actent les dépréciations nécessaires et prennent les mesures stratégiques qui s'imposent. L'insolente santé des Gafam démontre en effet une fois de plus que la crise du coronavirus a donné un coup d'accélérateur à de nombreuses tendances sociétales.