Rio Tinto a enregistré une perte 1,76 milliard d'euros au deuxième semestre de l'an dernier. Le contraste est saisissant par rapport au bénéfice record de 8,5 milliards de dollars publié pour la même période en 2010. La perte est également supérieure aux prévisions des analystes.

La perte trouve son origine dans la division aluminium, en grande difficulté. En 2007, Rio Tinto avait racheté le producteur d'aluminium Alcan pour 38 milliards de dollars. A l'époque, c'était l'acquisition la plus importante jamais réalisée dans le secteur minier et ce montant n'a aujourd'hui été dépassé que par la fusion entre Glencore et Xstrata. Bien que le prix moyen de l'aluminium sur l'ensemble de l'année 2011 ait été supérieur de 10 % à celui de l'année précédente, le cours du métal s'est effondré au quatrième trimestre. De plus, le secteur est en surcapacité depuis cinq ans. Le principal producteur d'aluminium au monde, Alcoa, a d'ailleurs lui aussi essuyé une perte au quatrième trimestre. La situation difficile sur le marché de l'aluminium contraint aujourd'hui Rio Tinto à enregistrer une forte dépréciation sur ses activités dans ce secteur.

Rio Tinto, ce n'est cependant pas que l'aluminium. Au contraire. Sa principale division, le minerai de fer, s'est montrée très performante. Le bénéfice sous-jacent pour l'exercice complet, hors dépréciation, a ainsi progressé de 11 % pour atteindre le montant record de 15,5 milliards de dollars. Un peu plus de la moitié de ce bénéfice a été réalisé au deuxième semestre. Pour apaiser les actionnaires, le dividende a été relevé à 91 dollarcents par action.

Apparemment bon marché

A 7,7 fois le bénéfice attendu pour 2012 et 6,9 fois le bénéfice attendu pour 2013, Rio Tinto semble très bon marché, tout comme ses concurrents. Mais cette sous-valorisation n'est pas injustifiée. Le secteur doit procéder à d'importants investissements pour maintenir la production à niveau - raison pour laquelle les rapports cours/bénéfices y sont rarement supérieurs à 10 - et les coûts de production sont en hausse constante. La situation économique de la Chine, principal consommateur de matières premières, est de plus très incertaine. Nous restons dès lors prudents concernant le secteur et nous conseillons pour l'instant de laisser l'action de côté.

Mathias Nuttin

Twitter: @MathiasNuttin

Rio Tinto a enregistré une perte 1,76 milliard d'euros au deuxième semestre de l'an dernier. Le contraste est saisissant par rapport au bénéfice record de 8,5 milliards de dollars publié pour la même période en 2010. La perte est également supérieure aux prévisions des analystes.La perte trouve son origine dans la division aluminium, en grande difficulté. En 2007, Rio Tinto avait racheté le producteur d'aluminium Alcan pour 38 milliards de dollars. A l'époque, c'était l'acquisition la plus importante jamais réalisée dans le secteur minier et ce montant n'a aujourd'hui été dépassé que par la fusion entre Glencore et Xstrata. Bien que le prix moyen de l'aluminium sur l'ensemble de l'année 2011 ait été supérieur de 10 % à celui de l'année précédente, le cours du métal s'est effondré au quatrième trimestre. De plus, le secteur est en surcapacité depuis cinq ans. Le principal producteur d'aluminium au monde, Alcoa, a d'ailleurs lui aussi essuyé une perte au quatrième trimestre. La situation difficile sur le marché de l'aluminium contraint aujourd'hui Rio Tinto à enregistrer une forte dépréciation sur ses activités dans ce secteur.Rio Tinto, ce n'est cependant pas que l'aluminium. Au contraire. Sa principale division, le minerai de fer, s'est montrée très performante. Le bénéfice sous-jacent pour l'exercice complet, hors dépréciation, a ainsi progressé de 11 % pour atteindre le montant record de 15,5 milliards de dollars. Un peu plus de la moitié de ce bénéfice a été réalisé au deuxième semestre. Pour apaiser les actionnaires, le dividende a été relevé à 91 dollarcents par action.Apparemment bon marchéA 7,7 fois le bénéfice attendu pour 2012 et 6,9 fois le bénéfice attendu pour 2013, Rio Tinto semble très bon marché, tout comme ses concurrents. Mais cette sous-valorisation n'est pas injustifiée. Le secteur doit procéder à d'importants investissements pour maintenir la production à niveau - raison pour laquelle les rapports cours/bénéfices y sont rarement supérieurs à 10 - et les coûts de production sont en hausse constante. La situation économique de la Chine, principal consommateur de matières premières, est de plus très incertaine. Nous restons dès lors prudents concernant le secteur et nous conseillons pour l'instant de laisser l'action de côté.Mathias NuttinTwitter: @MathiasNuttin