Une enquête menée par Keytrade Bank auprès d'un millier de jeunes Belges montre que, sur le plan financier, les millennials sont moins ambitieux que les générations précédentes. Dans leur esprit, pour atteindre l'aisance financière, ils doivent adopter le style de vie de leurs parents. " Ils se contentent donc de copier leur comportement d'épargne ", explique Steven De Backer, porte-parole de Keytrade Bank. Autre constat étonnant : peu de jeunes choisissent eux-mêmes leur banque, optant pour celle de leurs parents. Quittant plus tard le nid familial, ils épargnent d'autant plus facilement qu'à peine un sur cinq indemnise financièrement ses parents. Conséquence : 80 % des millennials belges actifs mettent en moyenne 400 euros de côté chaque mois, soit un cinquième de leurs revenus.
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Une enquête menée par Keytrade Bank auprès d'un millier de jeunes Belges montre que, sur le plan financier, les millennials sont moins ambitieux que les générations précédentes. Dans leur esprit, pour atteindre l'aisance financière, ils doivent adopter le style de vie de leurs parents. " Ils se contentent donc de copier leur comportement d'épargne ", explique Steven De Backer, porte-parole de Keytrade Bank. Autre constat étonnant : peu de jeunes choisissent eux-mêmes leur banque, optant pour celle de leurs parents. Quittant plus tard le nid familial, ils épargnent d'autant plus facilement qu'à peine un sur cinq indemnise financièrement ses parents. Conséquence : 80 % des millennials belges actifs mettent en moyenne 400 euros de côté chaque mois, soit un cinquième de leurs revenus. " Ils ne sont pas très nombreux à profiter des avantages fiscaux de l'épargne-pension. Ce sentiment d'urgence n'apparaît que vers 30 ans ", constate Steven De Backer. " En tout état de cause, ces jeunes semblent moins préoccupés par l'avenir ", affirme pour sa part Maarten Leyts, fondateur du bureau d'études Trendwolves. Ils sont à une période de leur vie où leur identité est en plein développement. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils consacrent sporadiquement des sommes importantes à l'achat de technologie, de vêtements ou pour se rendre dans des festivals. Les jeunes voyagent nettement plus qu'autrefois, ils sont avides d'expériences, beaucoup étudient à l'étranger. C'est une étape de la vie où il est important de vivre pleinement l'instant présent. " " Les millennials ne sont pas idiots et savent très bien qu'ils doivent épargner pour le futur ", observe Sven Sterckx, président de la VFB, la fédération des investisseurs flamands. C'est à dessein qu'il utilise le mot 'épargner'. " Apparemment, cette génération s'intéresse moins à l'investissement. " Il existe plusieurs explications à ce phénomène. D'abord, elle a connu, entre 2000 et 2010, la pire période pour les investissements en actions. " La crise technologique a été suivie, huit ans plus tard, par la crise financière. Si vous avez grandi à cette époque, vous considérez qu'il s'agit là de risques normaux alors que nous étions confrontés à des mouvements de baisse tout à fait exceptionnels. " Mais ceux-ci ont donné aux millennials le sentiment que tout investissement boursier est hautement risqué pour un rendement limité. " Quand je pose la question de savoir ce qui est le plus dangereux d'un requin, d'un chien ou d'une noix de coco, tout le monde répond un requin. Lorsque se produit une attaque de requin, les médias y font largement écho mais on déplore bien plus de décès suite aux attaques de chiens ou à la chute de noix de coco ! La réaction des millennials est comparable : la focalisation des médias sur les mouvements de baisse des marchés boursiers leur donne à penser que le risque est plus élevé qu'il ne l'est en réalité. " Une autre étude récente de Keytrade Bank montre que les possibilités d'investissement restent très largement sous-utilisées : seul un millennial sur huit investit. " Dans le groupe des 25 à 35 ans, l'intérêt pour les actions et les produits de placement est très limité alors que c'est précisément dans cette tranche d'âge que ce type d'investissements est intéressant car on a toute latitude pour étaler les risques dans le temps ", commente Steven De Backer. " A l'image de la génération précédente, celle des millennials commence à investir trop tard dans la vie. Leur comportement d'épargne est en contradiction avec l'esprit d'entreprise dont elle fait généralement preuve. " Bien qu'elle ait le risque en horreur, cette génération possède bien plus d'outils pour faire mieux que les précédentes. Jusqu'ici, personne n'avait jamais eu accès à autant d'informations et de données sur les entreprises. Les millennials ont tout en main pour devenir de bons investisseurs. " Le développement des applications et la disponibilité d'informations détaillées leur permettent d'être bien mieux informés que leurs parents ne l'étaient à leur âge ", poursuit Steven De Backer. Pour sa part, Sven Sterckx observe que, quand ils investissent, leurs choix sont souvent guidés par le développement durable. Cette attitude reflète leur intérêt pour tout ce qui local, artisanal et bio, des aspects qui touchaient nettement moins leurs parents. Maarten Leyts va dans le même sens. Les millennials ne s'arrêtent plus exclusivement à la valeur propre d'un produit, d'une entreprise ou d'un placement, mais ils s'intéressent à leur valeur pour la société. " La durabilité d'une entreprise et les valeurs dont elle est porteuse ont une importance énorme aux yeux de cette génération. " Les millennials étaient encore adolescents lorsque les Bourses ont plongé mais ils ont besoin d'argent pour acheter leur maison, éduquer leurs enfants et préparer leur avenir. Des études américaines montrent que l'argent provoque chez eux un stress chronique. Ce qui les angoisse le plus ? Ne pas épargner assez, dépenser trop, ne pas planifier suffisamment. " Ils ont vu leurs parents se débattre quand l'économie était au plus mal et ils ne veulent pas vivre la même chose, analyse Maarten Leyts. Cette génération veut pouvoir contrôler le moindre aspect de sa vie et, pour y avenir, utilise une multitude de technologies telles que les applications et les appareils portables. Contrôler ses finances avec des outils informatiques est pour eux une évidence. Les applications, les banques et les fintechs les aident à comprendre leurs habitudes de dépenses et à atteindre leurs objectifs financiers. " Comme elle a grandi avec la technologie, c'est aussi la première génération qui accepte les conseils d'un robot. " Des études antérieures nous avaient montré pourtant que seuls 15 à 20 % des répondants y étaient favorables, rapporte Sven Sterckx. La toute grande majorité privilégie encore l'interaction avec une personne réelle. " Aux Etats-Unis, les services en ligne d'investissement et de gestion de portefeuille entièrement automatisés, comme Betterment et Acorns par exemple, permettent à leurs clients d'investir à partir d'un euro ( ! ) pour des coûts inférieurs à ceux des conseillers financiers traditionnels. " Les applications de micro-investissement abaissent le seuil en automatisant le processus, explique Maarten Leyts. Cette technologie répond parfaitement aux besoins des millennials car elle allie facilité d'utilisation, transparence et personnalisation. De telles applications leur font comprendre qu'investir est moins complexe que ce qu'ils avaient imaginé. " Cette confiance dans la technologie explique, pour partie, le succès des crypto-monnaies. " Les millennials sont un peu moins patients, constate Sven Sterckx. Autrefois, lorsque j'avais besoin d'une information, je me rendais à la bibliothèque. Aujourd'hui, il leur suffit de surfer sur Google. Ils agissent plus vite. Nous l'observons également dans la manière dont ils investissent. Ils veulent des rendements rapides et c'est la raison de l'attrait qu'exercent sur eux les crypto-monnaies. C'était du moins le cas jusqu'à la fin de l'an dernier. " Cette génération aura-t-elle plus de difficultés à faire fortune ? " Ce qui est sûr, c'est qu'ils démarrent avec plus de dettes que nous, répond Sven Sterckx. Ils consacrent une plus grande partie de leurs avoirs à l'acquisition d'une maison. Les taux d'intérêt sont peut-être bas mais ils contractent de gros emprunts pour financer leur achat. Du coup, leur attitude est un peu plus défensive. Mais le jour où ils se rendront compte que l'investissement est une opération à long terme, le monde s'ouvrira à eux. "