Le cours de Tessenderlo Group s'était joliment redressé ces derniers mois après la chute de l'été dernier. Mais les résultats du quatrième trimestre et de l'ensemble de l'exercice 2010 révèlent aujourd'hui que ce rebond n'était pas totalement justifié. Les actionnaires n'ont pas caché leur déception, l'action perdant 7 % à l'ouverture. Il est clair que le marché anticipe à nouveau une période difficile. Les investisseurs n'ont pas oublié que contrairement à son habitude, l'entreprise avait été durement touchée par la crise de 2008-2009, pendant laquelle elle avait essuyé de lourdes pertes.

A l'époque, Tessenderlo Group avait été brutalement confronté à ses faiblesses stratégiques : une entreprise trop européenne, trop concentrée dans la chimie de base, pas assez présente dans les marchés émergents ou dans les spécialités chimiques. Il est dès lors logique que cette réorientation en profondeur ait été la priorité absolue du nouvel homme fort Frank Coenen dès son entrée en fonction début 2010. Dans ce domaine, une percée stratégique importante est intervenue au printemps 2011 avec la vente des activités PVC/chlore-alcali à Kerling (Ineos ChlorVinyls), le leader européen sur ce marché. Un pas en avant vers la création d'un groupe de spécialités.

Perte nette

Au quatrième trimestre, le recul des cash-flows opérationnels récurrents (REBITDA) de 23,4 % pour les activités poursuivies à 22,8 millions EUR dans un contexte de chiffre d'affaires en légère baisse (- 2,2%) a coûté cher à l'entreprise. Le résultat opérationnel récurrent (REBIT; bénéfice opérationnel hors éléments uniques) a baissé de trois-quarts à 1 million EUR, de sorte que le groupe a essuyé une perte nette de 0,28 EUR par action. Si nous observons les différents segments d'activité, nous constatons surtout que la chimie minérale (engrais et aliments pour bétail classiques) et les activités dans la Gélatine/Akiolis (traitement de déchets animaux et végétaux) sont restées en-deçà des prévisions. En revanche, Tessenderlo Kerley (engrais spécialisés provenant des flux de déchets des raffineries) a de nouveau surpassé les attentes.

Dividende maintenu à 1 EUR

Grâce à un premier semestre bien meilleur, le chiffre d'affaires annuel pour 2011 est en hausse de 9,6 % par rapport à 2010. Le REBITDA progresse encore de 20,6 % à 187 millions EUR alors que le REBIT augmente de 54,3 % à 104,9 millions EUR. Le doublement du bénéfice net à 56,2 millions EUR permet à Tessenderlo Group de maintenir son dividende à son niveau des années précédentes, 1 EUR brut par action. Ce, en dépit des perspectives prudentes pour 2012, qualifiée d'année de transition.

Vu les perspectives incertaines et la valorisation conforme à la moyenne européenne du secteur malgré plusieurs handicaps structurels, nous ne sommes pas acheteurs de l'action. Au contraire : les positions existantes peuvent être réduites.

Danny Reweghs, l'Initié de la Bourse