Évidemment, les majors pétrolières demeurent dépendantes de l'économie vu son impact sur le prix de l'or noir qui peut lourdement chuter même en cas de baisse très limitée de la demande. Total et ses pairs n'éprouvent donc jamais de réelles difficultés à vendre le pétrole qu'elles produisent mais le prix demeure extrêmement volatil comme on a pu le constater ces dernières années : de 150 à 30 dollars le baril avant un rebond à 125 puis une rechute à 90 dollars pour le Brent.

L'évolution du prix de vente moyen n'est toutefois pas aussi extrême pour les majors pétrolières vu qu'une partie de la production fait l'objet de contrat de fourniture à long terme, tout particulièrement pour le gaz. Entre 2008 et 2011, le bénéfice net de Total a ainsi évolué entre 8,5 (en 2009) et 12,3 milliards d'euros (en 2011). Son dividende est même resté stable sur la période à 2,28 euros brut par an.

Par ailleurs, Total a largement étoffé ses réserves ces dernières années, que cela soit via des rachats, notamment dans les sables bitumineux au Canada, ou la découverte de pétrole (au large de la Guyane française) et de gaz (en Azerbaïdjan). Le groupe poursuit également une politique de diversification de ses énergies : investissements dans le gaz (dont le gaz naturel liquéfié), participation à la construction de la seconde centrale nucléaire de type EPR en France, production de biocarburants, acquisition de la majorité du capital de Sunpower, développement de la filière "charbon propre" et investissements dans de nouveaux carburants (hydrogène, méthanol).

Finalement, le principal handicap de Total est la double taxation réservée au dividende qui ramène le rendement de de 6,6% brut à 3,7% net (sans tenir compte de la récupération possible mais payante d'une partie du précompte, ni d'une probable nouvelle taxe sur les dividendes en France).

Cédric Boitte

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