Concurrents depuis de longues années dans les catalyseurs automobiles, Umicore et Johnson Matthey s'affrontent aussi sur le terrain des matériaux pour batteries électriques. Le groupe britannique, qui s'est lancé plus tardivement, a toutefois décidé de jeter l'éponge et de stopper ses investissements. Non pas à cause de son retard, mais des perspectives de rentabilité limitées par rapport aux...

Concurrents depuis de longues années dans les catalyseurs automobiles, Umicore et Johnson Matthey s'affrontent aussi sur le terrain des matériaux pour batteries électriques. Le groupe britannique, qui s'est lancé plus tardivement, a toutefois décidé de jeter l'éponge et de stopper ses investissements. Non pas à cause de son retard, mais des perspectives de rentabilité limitées par rapport aux investissements à consentir. Ce qui a également plombé le cours d'Umicore qui a chuté de 6% jeudi dernier. L'enjeu est, il est vrai, hautement stratégique. Avec l'électrification des véhicules, l'activité catalyseurs automobiles est condamnée à se contracter. Les matériaux complexes des cathodes de batteries constituaient le remplaçant idéal, tant technologiquement qu'économiquement. Aujourd'hui, Johnson Matthey estime toutefois que les marges vont s'effriter sous l'effet de la banalisation de ce type de matériaux et de la concurrence accrue. Outre la concurrence directe sur les cathodes pour batteries nickel-manganèse-cobalt (NMC), la tendance des constructeurs automobiles à se tourner vers les batteries lithium-fer-phosphate (LFP), moins chères et fabriquées en Asie, inquiète également. Johnson Matthey a tranché en reprenant à zéro sa stratégie de diversification, se tournant vers l'hydrogène ou la décarbonation de la chimie. Umicore n'a pas réagi jusqu'à présent, mais cela représente assurément le risque stratégique numéro un. En Bourse, l'impact est d'autant plus grand que le groupe belge avait émis un léger avertissement sur résultats en octobre, réduisant symboliquement sa prévision de profit opérationnel annuel sous le milliard d'euros. Nul doute que toutes les annonces seraient désormais épiées, risquant d'engendrer un excès de volatilité.