C'est donc au petit matin ce vendredi que le Président de l'Union européenne, Herman Rompuy, a pu annoncer que les dirigeants européens sont parvenus à un accord global sur plusieurs dossiers. Le pacte de croissance prévoyant d'injecter 120 milliards d'euros dans l'économie européenne, soit près d'un pour cent du produit intérieur brut, a ainsi été adopté.

L'accord sur cette mesure n'a toutefois pas été aussi facile à trouver que prévu, les dirigeants italien et espagnol ayant fait pression pour lier le pacte de croissance et de nouvelles mesures de résolution de la crise des dettes souveraines.

La première disposition porte sur l'adoption du principe d'un mécanisme unique de supervision des banques, c'est-à-dire la création d'une union bancaire au sein de la zone euro qui sera chapeautée par la Banque centrale européenne. Les autres mesures concernent le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de secours structurel mis en place par la zone euro. Primo, le MES perd son statut de créancier privilégié, il ne sera donc plus prioritaire (par rapport aux détenteurs d'obligations) en cas de défaut de paiement d'un État secouru, une façon de permettre à un État aidé de continuer à se financer (partiellement) sur les marchés. Secundo, le MES pourra octroyer d'ici la fin de l'année des aides directement aux banques de la zone euro, ce qui doit rompre le cercle vicieux entre États et banques. Et tertio, le MES et le FESF bénéficieront d'une plus grande souplesse d'intervention, ce qui signifie que les deux fonds de secours européens pourront acheter des obligations de pays en difficulté directement sur les marchés.

En Bourse, l'annonce de cet accord devrait profiter au secteur bancaire qui s'était montré très volatil cette semaine en raison des doutes sur la réussite de ce sommet européen.

Analyse du secteur bancaire européen : L'accord européen soulage les banques

Cédric Boitte

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