En novembre dernier, le gouvernement De Croo confirmait vouloir faire contribuer les "épaules les plus larges" en réinstaurant une nouvelle taxe sur les comptes-titres dotés de plus d'un million d'euros. Cette version 2.0 a toutefois été vertement critiquée par le Conseil d'Etat.
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En novembre dernier, le gouvernement De Croo confirmait vouloir faire contribuer les "épaules les plus larges" en réinstaurant une nouvelle taxe sur les comptes-titres dotés de plus d'un million d'euros. Cette version 2.0 a toutefois été vertement critiquée par le Conseil d'Etat. Interrogé la semaine dernière par nos confrères de L'Echo, Paul Magnette, président du PS, n'a pas changé de cap: il évoqué cette fois la possibilité de simplement taxer tous les comptes-titres, liant au passage possession d'un compte-titres et extrême richesse. Un lien qui interpelle en cette période de taux bas, durant laquelle investir est tout simplement nécessaire pour conserver son pouvoir d'achat. L'argument de l'absence de tout impôt sur la fortune en Belgique paraît également fallacieux. Rappelons en effet que la taxe sur les opérations boursières, la taxe sur les assurances-vie ou le précompte mobilier ont globalement doublé depuis 10 ans. Pour le citoyen lambda, la taxe sur les comptes-titres sera une raison de plus de continuer à privilégier un compte d'épargne qui ne lui rapporte plus rien, pas plus qu'à la société. Pour les plus fortunés ciblés selon les voeux de Paul Magnette par une taxe prohibitive de 3%, il s'agirait d'une raison de plus d'aller voir si l'herbe n'est pas plus verte ailleurs. Dans tous les cas, cela privera nos entreprises, nouvelles ou existantes, de capitaux et surtout de fonds propres dont elles ont besoin pour investir dans le numérique, l'innovation et les solutions durables. Rappelons que dans le classement CB Insights, la Belgique ne compte qu'une seule licorne, Collibra, sur un total mondial de 515, un bilan qui nous classe aussi en queue du peloton européen.