Lors de sa dernière réunion, fin de la semaine dernière, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a indiqué entrevoir un relâchement des tensions qui agitent le marché pétrolier dans les prochaines années.

" Nous sommes convaincus que les tensions sur les marchés pétroliers vont enfin commencer à s'apaiser ", a résumé la directrice générale de l'agence Maria van der Hoeven, lors d'une téléconférence consacrée à la dernière étude prospective de l'AIE, bras énergétique de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).

Un optimisme pas forcément de bon augure car il découle en grande partie de l'assombrissement des perspectives économiques mondiales.

En effet, l'AIE a, dans son rapport sur le marché pétrolier, abaissé d'environ un demi-million de barils par jour la croissance de la demande mondiale d'or noir jusqu'en 2016, à cause de la dégradation conjoncturelle globale, couplée à des efforts d'efficacité énergétique plus importants qu'anticipé.

La demande de pétrole ne devrait ainsi progresser que de 1,2% par an en moyenne, passant de 89,79 millions de barils par jour cette année à 94,45 millions en 2016. L'AIE évoque en particulier la crise lancinante de la zone euro, et " même la Chine, principal moteur de la hausse de la demande au cours de la décennie écoulée, qui montre des signes de ralentissement ".

Parallèlement, Maria van der Hoeven a mis en avant " de bonnes nouvelles du côté de la production ". Et de citer entre autres la production pétrolière libyenne, qui a redécollé beaucoup plus rapidement que prévu après le renversement du régime Kadhafi, l'Arabie saoudite qui a ouvert les vannes en grand et porté la sienne à " un sommet depuis 30 ans ", ainsi que l'Irak, qui pourrait doubler son offre d'ici la fin de la décennie.

Mais l'AIE souligne également l'essor spectaculaire de l'extraction de pétrole non-conventionnel (sables bitumineux et autre pétrole de schiste) en Amérique du Nord, qui devrait représenter à elle seule 40% de la croissance de la production mondiale d'or noir d'ici 2017.

" Dans l'ensemble, cela signifie qu'un équilibre entre l'offre et la demande plus confortable que prévu et que celui observé durant la majeure partie de la décennie écoulée ", conclut la patronne de l'AIE.

Cela va-t-il pour autant se traduire par une chute des cours pétroliers ? Les experts de l'agence se montrent très prudents sur ce sujet, évoquant " un affaiblissement graduel des prix sur la période ", tout en prévenant que ceux-ci devraient se maintenir " dans une fourchette toujours historiquement élevée ". Ce qui donnerait, en clair, un prix moyen du baril de brut importé par les principaux pays membres de l'agence (Europe, Etats-Unis, Japon...) autour de 89 dollars en 2017, contre 107 cette année.