"Ces dernières années il ne s'est pas trouvé beaucoup de voix importantes dans la politique allemande pour expliquer à l'opinion publique à quel point il était important pour l'Allemagne d'avoir l'euro", a déclaré M. Barrroso au grand quotidien des affaires Frankfurter Allgemeine Zeitung. "Les hommes politiques doivent aussi dire que l'économie allemande irait beaucoup plus mal sans l'euro", a-t-il ajouté, rappelant que la part de la zone euro dans le commerce extérieur du pays n'a cessé d'augmenter. Ces dernières semaines, une majorité d'Allemands ont rejeté l'idée d'un plan d'aide à la Grèce, parfois en des termes très virulents, et le gouvernement de la chancelière Angela Merkel a semblé hésiter avant de céder. "Notre processus de décision a tout simplement duré trop longtemps. Les marchés ont vu trop de signaux contradictoires", a indiqué M. Barroso. Prenant encore à rebours les critiques de la monnaie unique, notamment en Allemagne, le président de la Commission a ironisé en rappelant que "l'euro n'était pas une invention de la Grèce, de l'Irlande ou de l'Espagne. C'était un projet franco-allemand". "La Grèce a falsifié et manipulé (ses comptes, ndlr). C'est inacceptable. Mais l'Allemagne ne s'est pas toujours non plus comportée en conformité avec l'esprit du Pacte de stabilité", a-t-il ajouté. M. Barroso a également qualifié de "conjecture" l'idée qu'un pays quitte la monnaie unique.