L'énigme reste entière quant à savoir pourquoi le législateur encourage fiscalement les placements sous forme d'assurance-vie. À plus forte raison que l'épargne à long terme est le terrain de jeu exclusif des compagnies d'assurances. Seules les primes versées dans le cadre d'un contrat d'assurance-vie donnent droit à une réduction d'impôt de 30%, et ce, sans qu'il s'agisse forcément d'une assurance-vie assortie d'un rendement garanti ou d'une garantie d'État jusqu'à 100.000 euros. En effet, il est également possible d'épargner à long terme par le biais d'une assurance-vie dont le rendement dépend de placements sous-jacents qui peuvent être intégralement constitués d'actions.

L'épargne-pension peut aussi donner droit à une réduction d'impôt de 30%. Vous pouvez choisir d'épargner par le biais d'un fonds ou d'un contrat d'assurance. Cependant, opter pour un contrat d'assurance permet de bénéficier d'une réglementation plus simple. Alors que l'on ne sait pas combien d'assurances épargne-pension sont disponibles sur le marché belge, seule une vingtaine de fonds de pension sont agréés. Et contrairement aux assurances, les fonds sont soumis à une foule de règles d'investissement. Pourquoi le législateur s'immisce-t-il dans la politique d'investissement des fonds de pension, mais pas dans celle des assurances ?

Et pourquoi l'épargnant à long terme doit-il passer par un assureur ? En raison des frais de gestion, le rendement d'une assurance-vie est inférieur de 1 à 1,5 point de pourcentage à celui du fonds de placement sous-jacent. Le gestionnaire du fonds facture également des frais bien entendu. En matière de produits d'investissement, chaque intervenant supplémentaire entraîne un surcoût. Pourquoi le législateur n'accorde-t-il pas la même réduction d'impôt à tous ceux qui mettent un peu d'argent de côté pour leurs vieux jours ? Après tout, on peut épargner à long terme en investissant dans un fonds ou soi-même dans des actions ou des obligations.

Traduction : virginie·dupont·sprl