Tout est parti de quelques indicateurs supérieurs aux attentes. Aux Etats-Unis, l'inflation a atteint 2,6% en mars. Dans la zone euro, elle a accéléré à 1,6% en avril, au plus haut depuis deux ans. "Nous faisons face à une inflation substantielle", déclarait ensuite le célèbre Warren Buffett lors de l'assemblée générale du c...

Tout est parti de quelques indicateurs supérieurs aux attentes. Aux Etats-Unis, l'inflation a atteint 2,6% en mars. Dans la zone euro, elle a accéléré à 1,6% en avril, au plus haut depuis deux ans. "Nous faisons face à une inflation substantielle", déclarait ensuite le célèbre Warren Buffett lors de l'assemblée générale du conglomérat Berkshire Hathaway. La semaine dernière, Janet Yellen, actuelle secrétaire au Trésor de Joe Biden mais précédente présidente de la Réserve fédérale, a mis le feu aux poudres en déclarant qu'il "se pouvait que les taux d'intérêt doivent augmenter quelque peu pour éviter que notre économie ne surchauffe". Même si elle a ensuite insisté sur l'indépendance de la Fed, il n'en fallait pas davantage pour que les marchés s'emballent. D'autant plus que le mandat de Jerome Powell à la présidence de la Fed s'achève en février 2022. On notera enfin que des groupes comme Nestlé ou Procter & Gamble ont annoncé qu'ils envisageaient des hausses de prix au cours des prochains mois pour compenser l'augmentation des coûts des matières premières et de transport. Un processus de répercussion qui est la définition même d'un cycle inflationniste qui nécessiterait un sensible relèvement des taux d'intérêt, le scénario noir pour les Bourses et les gouvernements endettés. Cependant, les économistes se montrent plutôt rassurants, soulignant que le chômage reste trop élevé pour assister à une spirale de hausse des prix et des salaires. Le coup de chaud à l'économie donné par les plans de relance de Joe Biden pourrait toutefois faire évoluer les rapports de force sur le marché de l'emploi américain.