Il ressort d'une étude menée par l'université de Gand que plus de six jeunes Flamands sur dix estiment que l'entrepreneuriat est un choix de carrière intéressant. Mais le financement de leurs idées constitue un défi majeur. Les banques traditionnelles sont généralement frileuses à l'idée de leur octroyer des crédits pour financer des idées souvent novatrices qui comportent des risques et visent des marchés de niche. Le crowdfunding, qui consiste à solliciter le grand public pour récolter de l'argent via une plateforme en ligne, représente dès lors une alternative.

Ce modèle de financement se décline sous différentes variantes. Les investisseurs peuvent faire un don sans obtenir une contrepartie. Dans d'autres cas, les contributeurs reçoivent un avantage en nature, comme une réduction à l'achat d'un produit. Le financement peut également prendre la forme d'un emprunt, par lequel l'entrepreneur rembourse ses investisseurs avec ou sans intérêts. Enfin, il est également possible d'investir dans une start-up en souscrivant des actions, qui donnent droit à un dividende et sur lesquelles une plus-value peut être réalisée.

En Belgique, le crowdfunding par l'emprunt ou l'apport de capital est réglementé par l'Autorité des services et marchés financiers (FSMA). La FSMA a récemment publié des chiffres concernant le succès des campagnes entre 2012 et 2017. À cet effet, elle a mené une étude auprès des cinq principales plateformes de crowdfunding actives en Belgique. Celles-ci ont lancé 273 campagnes en six ans, dont 232 (85%) ont été financées avec succès et 41 n'ont pas permis de réunir les fonds prévus.

Des critères de sélection stricts

Ce taux de réussite élevé doit être nuancé. En effet, les cinq plateformes procèdent à une sélection très stricte. Parmi les 17.389 projets proposés, seuls 273 ont été retenus (à peine 1,5%), dont sept (des entreprises financées par participation au capital) ont fait faillite. En tout état de cause, la FSMA observe une progression du nombre de projets et des montants levés. Elle attribue cette augmentation en partie à l'assouplissement des règles concernant les prospectus. L'avantage fiscal procuré par le tax shelter pourrait également y avoir contribué.

Les 232 campagnes fructueuses ont levé un total de 40.025.000 euros, soit 172.522 euros par projet. Une campagne peut généralement compter sur une centaine d'investisseurs. Selon la FSMA, les investisseurs belges font néanmoins preuve de prudence puisque le montant moyen investi s'élève à 2.871 euros. Plus de la moitié d'entre eux ne placent pas plus de 500 euros dans une campagne, tandis que moins de 3% engagent plus de 5.000 euros par opération.

D'après le site web flamand Crowdfundingcijfers.be qui publie aussi régulièrement des chiffres sur la base de 21 plateformes belges et de 12 plateformes internationales, le crowdfunding a permis aux entreprises de lever 16,6 millions d'euros au premier semestre de l'année dernière. Forts de 58%, les prêts constituent la forme de crowdfunding la plus répandue.

Traduction : virginie·dupont·sprl