Vingt-et-un mois après le déclenchement de la crise financière en juillet 2007, il est aujourd'hui avéré que l'autorégulation des marchés financiers ne fonctionne pas. Les banques centrales ont presque épuisé leur arsenal de baisses des taux et d'injections de liquidités, et s'avancent à présent sur le terrain inconnu de la pure expansion monétaire. Les gouvernements tentent bien de nationaliser ou de fournir des garanties, mais dans ce domaine aussi, on touche peu à peu aux limites en matière d'endettement et de déficits budgétaires, alors que le spectre de plusieurs années d'austérité plane aujourd'hui sur plusieurs pays. Enfin, les organisations intentionnelles ne disposent pas des réserves financières suffisantes pour aider efficacement certains pays au bord de la faillite.

Une réforme structurelle de la finance mondiale est dès lors inévitable, avec un retour aux activités bancaires traditionnelles. Les 31 recommandations du groupe de travail de Larosière constituent à ce titre une excellente base pour corriger les dérapages des décennies précédentes : régulation des fonds à effet de levier, augmentation des exigences en matière de fonds propres, corrections des possibilités de titrisation, redéfinition du rôle des agences de notation, éclaircissement des règles de corporate governance, suppression de paradis fiscaux, augmentation des moyens du FMI, contrôle prudentiel plus strict, ...

Le G20 doit à présent s'exprimer à leur propos et fixer un calendrier d'exécution. Une condition nécessaire si l'on veut que les plans de relance économique d'un montant de 6500 milliards USD aient une chance d'avoir un impact positif.

Aujourd'hui, les économies chinoise et américaine sont totalement complexes. Les États-Unis sont le plus grand client de la Chine et ont besoin des capitaux chinois pour financer leurs déficits. La Chine, devenue l'usine du monde, exige que les États-Unis réforment fondamentalement leur endettement, leur déficit budgétaire et leurs déficits courants pour éviter ainsi un effondrement du dollar. En échange, la Chine est prête à encore stimuler son économie et à accroître ses investissements dans les obligations américaines, mais souhaite en échange une reconnaissance internationale.

Nous sommes à la veille d'une redistribution des centres de compétences internationaux. Les pays émergents revendiquent un rôle plus important vu leur dynamique interne dans leur quête d'un meilleur niveau de vie. Eux peuvent sortir l'économie mondiale de l'ornière, alors que l'Occident est impuissant. Une percée à Londres pourrait permettre de constituer une base suffisamment solide et large pour un redémarrage de l'économie réelle.

Frank Lierman, économiste en chef de la Banque Dexia

Vingt-et-un mois après le déclenchement de la crise financière en juillet 2007, il est aujourd'hui avéré que l'autorégulation des marchés financiers ne fonctionne pas. Les banques centrales ont presque épuisé leur arsenal de baisses des taux et d'injections de liquidités, et s'avancent à présent sur le terrain inconnu de la pure expansion monétaire. Les gouvernements tentent bien de nationaliser ou de fournir des garanties, mais dans ce domaine aussi, on touche peu à peu aux limites en matière d'endettement et de déficits budgétaires, alors que le spectre de plusieurs années d'austérité plane aujourd'hui sur plusieurs pays. Enfin, les organisations intentionnelles ne disposent pas des réserves financières suffisantes pour aider efficacement certains pays au bord de la faillite.Une réforme structurelle de la finance mondiale est dès lors inévitable, avec un retour aux activités bancaires traditionnelles. Les 31 recommandations du groupe de travail de Larosière constituent à ce titre une excellente base pour corriger les dérapages des décennies précédentes : régulation des fonds à effet de levier, augmentation des exigences en matière de fonds propres, corrections des possibilités de titrisation, redéfinition du rôle des agences de notation, éclaircissement des règles de corporate governance, suppression de paradis fiscaux, augmentation des moyens du FMI, contrôle prudentiel plus strict, ...Le G20 doit à présent s'exprimer à leur propos et fixer un calendrier d'exécution. Une condition nécessaire si l'on veut que les plans de relance économique d'un montant de 6500 milliards USD aient une chance d'avoir un impact positif. Aujourd'hui, les économies chinoise et américaine sont totalement complexes. Les États-Unis sont le plus grand client de la Chine et ont besoin des capitaux chinois pour financer leurs déficits. La Chine, devenue l'usine du monde, exige que les États-Unis réforment fondamentalement leur endettement, leur déficit budgétaire et leurs déficits courants pour éviter ainsi un effondrement du dollar. En échange, la Chine est prête à encore stimuler son économie et à accroître ses investissements dans les obligations américaines, mais souhaite en échange une reconnaissance internationale.Nous sommes à la veille d'une redistribution des centres de compétences internationaux. Les pays émergents revendiquent un rôle plus important vu leur dynamique interne dans leur quête d'un meilleur niveau de vie. Eux peuvent sortir l'économie mondiale de l'ornière, alors que l'Occident est impuissant. Une percée à Londres pourrait permettre de constituer une base suffisamment solide et large pour un redémarrage de l'économie réelle.Frank Lierman, économiste en chef de la Banque Dexia