Le contraste est saisissant. D'un côté, l'économie mondiale devrait connaître sa pire crise depuis 150 ans avec un recul de 5,2% du PIB global en 2020 selon la Banque mondiale. De l'autre, le Nasdaq affiche une hausse de plus de 10% depuis le début de l'année et vient d'atteindre pour la première fois le cap des 10.000 points. Ce sommet illustre la résilience des Bourses. Passé le choc des mesures de confinement début mars, elles n'ont eu de cesse de se redresser.

Soutien des autorités...

Ce rebond est évidemment à mettre en parallèle avec les mesures de soutien des autorités. Selon Fitch Ratings, les banques centrales du globe se sont déjà engagées à racheter pour 6.000 milliards $ d'actifs en 2020. Au total, Reuters évalue les plans de soutien des banques centrales et des gouvernements à 15.000 milliards $ et ce n'est probablement pas fini. Aux États-Unis, démocrates et républicains négocient un nouveau plan de relance de 3.000 milliards $.

...et des ménages

Les banques centrales ne sont pas les seules à injecter des capitaux dans les marchés. Que cela soit en raison de la fermeture des magasins ou par précaution, les ménages épargnent beaucoup. Aux États-Unis, ils ont épargné 33% de leur revenu disponible en avril, près du double du précédent record de mai 1975. Sur base annuelle, cela représenterait une épargne de 6.150 milliards $ selon le BEA américain. Une manne colossale qui profite forcément aux Bourses dans un contexte de taux extrêmement bas. En France, les ménages ont acheté pour 3,5 milliards d'actions françaises sur le seul mois de mars et 150.000 Français ont fait leur entrée sur le marché selon l'AMF. En Belgique aussi, les courtiers en ligne ont assisté à une explosion des volumes et des ouvertures de compte. Ces investissements des ménages compensent notamment le recul des rachats d'actions propres par les entreprises.

La Bourse du 21e siècle

Le fait que le Nasdaq soit le premier grand indice de référence à atteindre un nouveau record ne doit rien au hasard. Les sociétés technologiques traversent globalement la crise sans trop de casse, voire peuvent en tirer profit comme Amazon (e-commerce) ou Netflix (streaming). Structurellement, elles sont aussi en première ligne pour profiter des grandes tendances de cette première partie de 21e siècle comme la numérisation des économies. Elles parviennent ainsi à afficher une croissance d'autant plus attractive aux yeux des investisseurs que l'économie mondiale connait un ralentissement structurel depuis de nombreuses années.

Exubérance irrationnelle

Les ratios de valorisation sont toutefois de plus en plus tendus. Le Nasdaq est valorisé à près de 28 fois les bénéfices. L'indice américain S&P 500, véritable référence mondiale, cote 23 fois les bénéfices. Son ratio Shiller, intégrant l'évolution des bénéfices sur 10 ans, atteint un niveau de 30, quasiment aussi élevé qu'en 1929. Ce ratio a été développé par l'économiste Robert Shiller, également auteur d'Exubérance irrationnelle. Sorti en 2000, ce livre est devenu le symbole de l'explosion de la bulle Internet de la fin des années 90. Le titre était tiré d'un discours d'Alan Greenspan, Président de la Fed de l'époque. Il avait prononcé cette expression devenue célèbre en 1996. Les marchés avaient donc persisté dans l'exubérance pendant 3 longues années, preuve qu'ils peuvent se montrer longuement déraisonnables, surtout quand les capitaux continuent d'affluer.

Le contraste est saisissant. D'un côté, l'économie mondiale devrait connaître sa pire crise depuis 150 ans avec un recul de 5,2% du PIB global en 2020 selon la Banque mondiale. De l'autre, le Nasdaq affiche une hausse de plus de 10% depuis le début de l'année et vient d'atteindre pour la première fois le cap des 10.000 points. Ce sommet illustre la résilience des Bourses. Passé le choc des mesures de confinement début mars, elles n'ont eu de cesse de se redresser.Soutien des autorités...Ce rebond est évidemment à mettre en parallèle avec les mesures de soutien des autorités. Selon Fitch Ratings, les banques centrales du globe se sont déjà engagées à racheter pour 6.000 milliards $ d'actifs en 2020. Au total, Reuters évalue les plans de soutien des banques centrales et des gouvernements à 15.000 milliards $ et ce n'est probablement pas fini. Aux États-Unis, démocrates et républicains négocient un nouveau plan de relance de 3.000 milliards $....et des ménagesLes banques centrales ne sont pas les seules à injecter des capitaux dans les marchés. Que cela soit en raison de la fermeture des magasins ou par précaution, les ménages épargnent beaucoup. Aux États-Unis, ils ont épargné 33% de leur revenu disponible en avril, près du double du précédent record de mai 1975. Sur base annuelle, cela représenterait une épargne de 6.150 milliards $ selon le BEA américain. Une manne colossale qui profite forcément aux Bourses dans un contexte de taux extrêmement bas. En France, les ménages ont acheté pour 3,5 milliards d'actions françaises sur le seul mois de mars et 150.000 Français ont fait leur entrée sur le marché selon l'AMF. En Belgique aussi, les courtiers en ligne ont assisté à une explosion des volumes et des ouvertures de compte. Ces investissements des ménages compensent notamment le recul des rachats d'actions propres par les entreprises.La Bourse du 21e siècleLe fait que le Nasdaq soit le premier grand indice de référence à atteindre un nouveau record ne doit rien au hasard. Les sociétés technologiques traversent globalement la crise sans trop de casse, voire peuvent en tirer profit comme Amazon (e-commerce) ou Netflix (streaming). Structurellement, elles sont aussi en première ligne pour profiter des grandes tendances de cette première partie de 21e siècle comme la numérisation des économies. Elles parviennent ainsi à afficher une croissance d'autant plus attractive aux yeux des investisseurs que l'économie mondiale connait un ralentissement structurel depuis de nombreuses années.Exubérance irrationnelleLes ratios de valorisation sont toutefois de plus en plus tendus. Le Nasdaq est valorisé à près de 28 fois les bénéfices. L'indice américain S&P 500, véritable référence mondiale, cote 23 fois les bénéfices. Son ratio Shiller, intégrant l'évolution des bénéfices sur 10 ans, atteint un niveau de 30, quasiment aussi élevé qu'en 1929. Ce ratio a été développé par l'économiste Robert Shiller, également auteur d'Exubérance irrationnelle. Sorti en 2000, ce livre est devenu le symbole de l'explosion de la bulle Internet de la fin des années 90. Le titre était tiré d'un discours d'Alan Greenspan, Président de la Fed de l'époque. Il avait prononcé cette expression devenue célèbre en 1996. Les marchés avaient donc persisté dans l'exubérance pendant 3 longues années, preuve qu'ils peuvent se montrer longuement déraisonnables, surtout quand les capitaux continuent d'affluer.