Attention : emprunter de l'argent coûte aussi de l'argent. Les banques et organismes de crédit ont l'obligation d'afficher cet avertissement pour éviter que les personnes peu familiarisées avec le monde financier ne s'endettent de manière excessive. En réalité, emprunter pour acheter une nouvelle voiture est aujourd'hui quasiment gratuit. La plupart des banques appliquent des taux d'intérêt de moins de 1%. C'était déjà le cas en 2018, mais les taux vont encore baisser en 2019.

Ces dernières années, les intérêts sur les crédits auto ont chuté. Dans les grandes banques, les taux d'intérêt sont passés grosso modo de 3% en 2013 à 1,5% en 2016. Le remboursement d'un prêt de 15.000 euros à un taux d'intérêt de 0,9% sur une durée de 54 mois (ou quatre ans et demi) coûte aujourd'hui 15.276 euros, soit à peine 1,84% de plus que le montant dont l'acheteur a besoin au départ. La même somme empruntée à 0,8%, mais remboursée en 60 mois (ou cinq ans), atteint à terme 15.305,75 euros, soit 2,04% de plus que le montant de départ.

Régime favorable pour les voitures vertes

À l'occasion du Salon de l'Auto, la plus grande banque du pays, BNP Paribas Fortis, a fixé son taux à 0,95% jusque fin février. Tout juste en dessous de 1% donc, un seuil psychologique important. Si la voiture est peu polluante, le tarif baisse même à 0,9%. Les voitures portant un écolabel A ou B - c'est-à-dire celles qui émettent moins de 120 g de CO2 par km - entrent en considération pour bénéficier de ce faible taux d'intérêt. Chez BNP Paribas Fortis, ce régime favorable n'est donc pas exclusivement réservé aux voitures écologiques, comme les véhicules électriques, hybrides ou roulant au gaz naturel (CNG). Dans d'autres institutions financières, c'est le cas.

Les banques participent à la lutte contre le réchauffement climatique

Quelle que soit la définition utilisée par les banques pour désigner une "voiture écologique", celles-ci s'engagent clairement dans la lutte contre le réchauffement climatique à grand renfort de leurs tarifs spéciaux. De plus, elles se ruent sur le financement d'alternatives à la voiture. Ainsi BNP Paribas Fortis applique également un taux de 0,9% sur les prêts accordés à l'achat d'un vélo électrique. Cerise sur le gâteau : les consommateurs peuvent emprunter jusqu'à 110% du prix total de leur VAE.

La banque observe deux éléments importants en matière de prêts vélo. Le montant moyen emprunté pour un vélo électrique atteint 3.155 euros. Il s'agit donc de modèles de haute qualité appartenant à la catégorie de prix supérieure. Le profil du preneur de crédit est encore plus étonnant puisque celui-ci est âgé en moyenne de 50 ans et qu'il choisit encore, à cet âge, d'acheter un vélo électrique en souscrivant un emprunt.

Il existe une grande différence culturelle entre la Flandre et la Wallonie. En Flandre, BNP Paribas Fortis conclut 4/5e des prêts vélo électrique et à peine 1/3e des crédits voiture verte.

Argenta et Beobank les plus bas

Le taux proposé par le concurrent Belfius est encore une peu plus bas que celui de BNP Paribas Fortis. Jusqu'à la fin du mois de février, la banque d'État applique un taux de 0,8% pour le financement d'une voiture neuve, d'une voiture de trois ans maximum, d'un vélo électrique ou d'un vélo classique. Les prêts pour les véhicules d'occasion continuent de coûter bien plus cher : le taux atteint par exemple 2,9% chez BNP Paribas Fortis, 2,95 % chez KBC, 3,9 % chez Belfius et 3,95 % chez Argenta.

Pour les voitures vertes neuves, Belfius ne propose pas un taux plus bas mais bien un autre avantage. En effet, le montant emprunté peut atteindre 120% du prix d'achat de la voiture écologique afin de couvrir des coûts supplémentaires liés par exemple à l'installation d'une borne de recharge.

La plupart des banques proposent des crédits auto à des taux inférieurs à 1%

Dans le cadre du Salon de l'Auto, KBC rabaisse de 0,05% son taux de l'an dernier. La banque arrive ainsi à 0,8% à l'instar de Belfius. En vigueur jusque fin mars, ce tarif est valable sur tout crédit destiné à l'acquisition d'une voiture, moto et vélo neufs. La quatrième grande banque, ING, ne descend pas si bas. Son taux a considérablement diminué par rapport à 2018 mais il s'affiche à 1,15% pour les voitures classiques et 0,99% pour les voitures écologiques. Il s'agit de tarifs plutôt élevés sur le marché.

Beobank a dévoilé son taux de 0,65% le jour de l'ouverture du salon au public. Celui-ci est valable jusqu'au 15 mars pour l'achat de nouvelles voitures, motos, mobile homes, caravanes et vélos électriques, ainsi que pour l'achat d'une voiture d'occasion de moins de deux ans.

Argenta, un autre outsider sur le marché des crédits auto, lance des tarifs de 0,85% pour les voitures essence et diesel contre 0,65% pour les voitures vertes. Par ailleurs, les clients d'Argenta peuvent emprunter plus pour les voitures écologiques (70.000 euros maximum) que pour les voitures ordinaires (50.000 euros maximum).

Un lien entre la banque et le client

Il existe une explication à cette surenchère de promotions sur les crédits auto à l'occasion du salon. Tout comme les prêts hypothécaires, les prêts auto génèrent un lien durable entre la banque et le client. Chez BNP Paribas Fortis, ils courent en moyenne sur 57 mois, soit presque cinq ans donc. Chez KBC, c'est 55 mois en moyenne. Un crédit auto ne lie toutefois le client que quelques années à la banque, contre 20 à 25 ans en moyenne pour le prêt hypothécaire.

L'épargne est largement pratiquée en Belgique et les banques ont du mal à convertir tout ce capital en crédits. Elles doivent déposer leurs réserves excédentaires auprès de la Banque Centrale européenne où elles subissent une pénalité de 0,4%. Les banques n'ont donc pas besoin de gagner beaucoup d'argent sur les crédits auto qui leur permettent déjà d'éviter ce taux de pénalité. C'est tout bénef pour le conducteur.

Pas de taux zéro

Différentes banques mettent en garde contre le taux zéro trompeur affiché par plusieurs constructeurs automobiles pour le financement d'une voiture. Elles prêchent évidemment pour leur paroisse mais leurs arguments sont pertinents. En effet, le concessionnaire a négocié pour son client un crédit auprès d'une institution financière qui lui demande bel et bien des intérêts. Il doit alors récupérer d'une autre manière les intérêts qu'il offre à son client. Résultat : il lui accordera une réduction moindre sur le prix de sa nouvelle voiture ou une reprise moins intéressante de son ancien véhicule. L'acheteur risque aussi de devoir payer un acompte élevé (30% p. ex.).

Traduction : virginie·dupont·sprl