Les rebondissements dans le feuilleton "Sauver la zone euro" tiennent les marchés en haleine depuis maintenant quelques mois et plus encore depuis quelques semaines alors que la situation de la Grèce semble inextricable et que l'Italie semble lui emboîter le pas.

Les marchés boursiers en oublieraient presque que les entreprises se plient au difficile exercice de présenter leurs chiffres trimestriels.

De manière générale, sur la base des résultats déjà dévoilés, nous pouvons estimer que cette saison des résultats est de bonne facture. Nous avions craint des publications trimestrielles particulièrement pénibles à la suite de la détérioration des indicateurs conjoncturels de part et d'autre de l'Atlantique, mais force est de constater qu'il n'en est rien. Les entreprises surpassant leurs prévisions et les attentes du consensus sont même légion. Par contre, les prévisions pour la fin de l'année et a fortiori pour 2012, sont beaucoup plus timides.

Si dans l'ensemble les résultats trimestriels tiennent la rampe, le secteur bancaire est l'exception qui confirme la règle. Les banques d'affaires européennes ont enregistré leur pire trimestre depuis la faillite de Lehman Brothers. Le bénéfice de la Deutsche Bank a fondu de 94 % sur base annuelle, celui d'UBS (sa division trading pour être complets) affiche une perte de 2,4 milliards de francs suisses, pour ne citer que deux exemples récents. La solution évoquée par ces banques pour redresser la barre passe par des coupes dans les coûts et par une vague de licenciements.

Ce n'est probablement qu'une première vague de restructuration qui devrait être suivie par d'autres, car les banques n'ont pas encore dû acter de pertes "définitives" sur leurs dettes grecques ou d'autres pays européens fragiles. Mais rassurez-vous, les banquiers qui passeront entre les mailles de cette énième vague de restructuration du secteur financier ne devront pas sacrifier leurs bonus. Ces sacro-saints bonus sont à nouveau pointés du doigt. Et pour cause. UBS a provisionné près de 90 % des revenus de sa banque d'investissement lors du dernier trimestre, soit 1,54 milliard USD, pour assurer le paiement de ces fameux bonus. Le secteur bancaire aurait-il la mémoire courte ?

Karine Huet

Les rebondissements dans le feuilleton "Sauver la zone euro" tiennent les marchés en haleine depuis maintenant quelques mois et plus encore depuis quelques semaines alors que la situation de la Grèce semble inextricable et que l'Italie semble lui emboîter le pas. Les marchés boursiers en oublieraient presque que les entreprises se plient au difficile exercice de présenter leurs chiffres trimestriels. De manière générale, sur la base des résultats déjà dévoilés, nous pouvons estimer que cette saison des résultats est de bonne facture. Nous avions craint des publications trimestrielles particulièrement pénibles à la suite de la détérioration des indicateurs conjoncturels de part et d'autre de l'Atlantique, mais force est de constater qu'il n'en est rien. Les entreprises surpassant leurs prévisions et les attentes du consensus sont même légion. Par contre, les prévisions pour la fin de l'année et a fortiori pour 2012, sont beaucoup plus timides. Si dans l'ensemble les résultats trimestriels tiennent la rampe, le secteur bancaire est l'exception qui confirme la règle. Les banques d'affaires européennes ont enregistré leur pire trimestre depuis la faillite de Lehman Brothers. Le bénéfice de la Deutsche Bank a fondu de 94 % sur base annuelle, celui d'UBS (sa division trading pour être complets) affiche une perte de 2,4 milliards de francs suisses, pour ne citer que deux exemples récents. La solution évoquée par ces banques pour redresser la barre passe par des coupes dans les coûts et par une vague de licenciements.Ce n'est probablement qu'une première vague de restructuration qui devrait être suivie par d'autres, car les banques n'ont pas encore dû acter de pertes "définitives" sur leurs dettes grecques ou d'autres pays européens fragiles. Mais rassurez-vous, les banquiers qui passeront entre les mailles de cette énième vague de restructuration du secteur financier ne devront pas sacrifier leurs bonus. Ces sacro-saints bonus sont à nouveau pointés du doigt. Et pour cause. UBS a provisionné près de 90 % des revenus de sa banque d'investissement lors du dernier trimestre, soit 1,54 milliard USD, pour assurer le paiement de ces fameux bonus. Le secteur bancaire aurait-il la mémoire courte ? Karine Huet