Les autorités avaient réagi promptement et pris les mesures nécessaires pour éviter l'effondrement du système financier et préserver l'économie d'une récession du genre de celle que nous avons connue dans les années 30. Il a fallu attendre quelques semaines, mais les investisseurs ont finalement compris que cette crise économique et financière - aussi profonde soit-elle - ne signifiait pas la fin du monde. Il s'en est suivi un rally de soulagement, le pire ayant été évité.

Cela a donné lieu à de nombreux mois de tranquillité sur les marchés financiers.

Une année nouvelle a à présent commencé et les investisseurs se préoccupent de l'ampleur de l'intervention des autorités et des banques centrales afin de lutter contre la crise. L'idée fait son chemin que nous avons la partie la plus facile de ces interventions derrière nous et que la période la plus difficile et la plus douloureuse est encore à venir. Comme le prouve l'état de l'E313, il est bien plus délicat de combler les trous que de les faire.

Nous avons eu sous les yeux un texte superbe de Bill Gross, l'homme par excellence du grand acteur de négoce d'obligations Pimco. Il avait pour titre The Ring of Fire. Ce cercle de feu est celui dessiné autour des pays ayant un déficit budgétaire trop important associé à une dette publique élevée par rapport au produit intérieur brut (PIB). Plus précisément, le cercle est dessiné à partir d'un déficit budgétaire de 5% et d'un ratio dette publique/PIB de plus de 50%. On retrouve dans cet océan de feu des pays comme la Grèce, l'Espagne, le Portugal qui ont fait tant couler d'encre ces dernières semaines. Quid de la Belgique ? Notre pays ne figure pas sur le graphique de Gross parce qu'il est trop insignifiant à l'échelle des Etats-Unis. Malheureusement, nous répondons également à ces deux conditions. D'autres "lauréats" bien connus sont l'Italie, l'Irlande, mais aussi la France, le Japon, le Royaume-Uni et les Etats-Unis eux-mêmes.

Ce que nous ne comprenons pas, c'est que ceci est perçu comme une crise de la dette purement sud-européenne et que la position de l'euro (EUR) face au dollar (USD) s'affaiblit. Parce que fuir l'euro aujourd'hui à la faveur du dollar, revient presque à craindre un chien qui aboie pour se réfugier auprès d'un tigre. La problématique de l'endettement aux States est par exemple bien plus inquiétante qu'en Espagne. S'il y a bien un endroit où nous pouvons parler de bulle des crédits, c'est au pays de l'Oncle Sam. Si nous additionnons les dettes de l'Etat fédéral, des différents Etats, des entreprises et des particuliers, nous obtenons au 30 septembre dernier un endettement collectif de 52.600 milliards USD, à comparer à un PIB de 14.250 milliards USD. Ce qui correspond, en d'autres termes, à un taux d'endettement de 370% (80% rien qu'au niveau fédéral) ou qui signifie qu'on a besoin des revenus issus de l'ensemble de la production et de la prestation de services pendant près de quatre ans pour apurer la dette des Etats-Unis. L'explosion de l'endettement, associée à un taux de départ particulièrement faible, indique que nous ne devons pas espérer grand-chose des investissements en obligations pour cette décennie, même pas de la plupart des obligations d'Etat.

Pour cette dernière catégorie, tournez-vous plutôt vers des pays comme l'Australie, l'Allemagne, les Pays-Bas, le Canada et les pays scandinaves (Danemark, Finlande, Suède et Norvège). Ceux-ci ne font pas partie du cercle de feu. Pensez aussi aux obligations d'un certain nombre de pays émergents, où la santé des finances publiques est bien meilleure qu'en Europe occidentale et en Amérique.

Les obligations d'Etat de la Grèce & Co ne sont pas les seules à souffrir. La peur rend suspect tout ce qui touche de près ou de loin au risque. Les actions, les matières premières, les obligations d'entreprises...reculent. Une autre conséquence est qu'il a été renoncé à un certain nombre d'introductions en Bourse. Tel fut le cas en milieu de semaine dernière pour Taminco. Ailleurs aussi, y compris sur Wall Street, on reporte des introductions en Bourse. Naturellement, ce ne sont pas de bonnes nouvelles pour le sang frais qui doit venir raviver les Bourses. Mais par ailleurs, il s'agit d'un signe que le mouvement de redressement sur les marchés d'actions n'est pas encore terminé. En effet, un renversement de tendance sur les Bourses intervient toujours après que des IPO notamment se soient révélées trop réussies. Nous assistons à une correction saine et temporaire sur les marchés d'actions et les autres marchés financiers. Et elle en dit long sur ce qui nous attend dans les années à venir. Un avertissement, mais rien de plus pour le moment ! (c)

Danny Reweghs

Les autorités avaient réagi promptement et pris les mesures nécessaires pour éviter l'effondrement du système financier et préserver l'économie d'une récession du genre de celle que nous avons connue dans les années 30. Il a fallu attendre quelques semaines, mais les investisseurs ont finalement compris que cette crise économique et financière - aussi profonde soit-elle - ne signifiait pas la fin du monde. Il s'en est suivi un rally de soulagement, le pire ayant été évité. Cela a donné lieu à de nombreux mois de tranquillité sur les marchés financiers. Une année nouvelle a à présent commencé et les investisseurs se préoccupent de l'ampleur de l'intervention des autorités et des banques centrales afin de lutter contre la crise. L'idée fait son chemin que nous avons la partie la plus facile de ces interventions derrière nous et que la période la plus difficile et la plus douloureuse est encore à venir. Comme le prouve l'état de l'E313, il est bien plus délicat de combler les trous que de les faire. Nous avons eu sous les yeux un texte superbe de Bill Gross, l'homme par excellence du grand acteur de négoce d'obligations Pimco. Il avait pour titre The Ring of Fire. Ce cercle de feu est celui dessiné autour des pays ayant un déficit budgétaire trop important associé à une dette publique élevée par rapport au produit intérieur brut (PIB). Plus précisément, le cercle est dessiné à partir d'un déficit budgétaire de 5% et d'un ratio dette publique/PIB de plus de 50%. On retrouve dans cet océan de feu des pays comme la Grèce, l'Espagne, le Portugal qui ont fait tant couler d'encre ces dernières semaines. Quid de la Belgique ? Notre pays ne figure pas sur le graphique de Gross parce qu'il est trop insignifiant à l'échelle des Etats-Unis. Malheureusement, nous répondons également à ces deux conditions. D'autres "lauréats" bien connus sont l'Italie, l'Irlande, mais aussi la France, le Japon, le Royaume-Uni et les Etats-Unis eux-mêmes. Ce que nous ne comprenons pas, c'est que ceci est perçu comme une crise de la dette purement sud-européenne et que la position de l'euro (EUR) face au dollar (USD) s'affaiblit. Parce que fuir l'euro aujourd'hui à la faveur du dollar, revient presque à craindre un chien qui aboie pour se réfugier auprès d'un tigre. La problématique de l'endettement aux States est par exemple bien plus inquiétante qu'en Espagne. S'il y a bien un endroit où nous pouvons parler de bulle des crédits, c'est au pays de l'Oncle Sam. Si nous additionnons les dettes de l'Etat fédéral, des différents Etats, des entreprises et des particuliers, nous obtenons au 30 septembre dernier un endettement collectif de 52.600 milliards USD, à comparer à un PIB de 14.250 milliards USD. Ce qui correspond, en d'autres termes, à un taux d'endettement de 370% (80% rien qu'au niveau fédéral) ou qui signifie qu'on a besoin des revenus issus de l'ensemble de la production et de la prestation de services pendant près de quatre ans pour apurer la dette des Etats-Unis. L'explosion de l'endettement, associée à un taux de départ particulièrement faible, indique que nous ne devons pas espérer grand-chose des investissements en obligations pour cette décennie, même pas de la plupart des obligations d'Etat. Pour cette dernière catégorie, tournez-vous plutôt vers des pays comme l'Australie, l'Allemagne, les Pays-Bas, le Canada et les pays scandinaves (Danemark, Finlande, Suède et Norvège). Ceux-ci ne font pas partie du cercle de feu. Pensez aussi aux obligations d'un certain nombre de pays émergents, où la santé des finances publiques est bien meilleure qu'en Europe occidentale et en Amérique. Les obligations d'Etat de la Grèce & Co ne sont pas les seules à souffrir. La peur rend suspect tout ce qui touche de près ou de loin au risque. Les actions, les matières premières, les obligations d'entreprises...reculent. Une autre conséquence est qu'il a été renoncé à un certain nombre d'introductions en Bourse. Tel fut le cas en milieu de semaine dernière pour Taminco. Ailleurs aussi, y compris sur Wall Street, on reporte des introductions en Bourse. Naturellement, ce ne sont pas de bonnes nouvelles pour le sang frais qui doit venir raviver les Bourses. Mais par ailleurs, il s'agit d'un signe que le mouvement de redressement sur les marchés d'actions n'est pas encore terminé. En effet, un renversement de tendance sur les Bourses intervient toujours après que des IPO notamment se soient révélées trop réussies. Nous assistons à une correction saine et temporaire sur les marchés d'actions et les autres marchés financiers. Et elle en dit long sur ce qui nous attend dans les années à venir. Un avertissement, mais rien de plus pour le moment ! (c) Danny Reweghs