Cela ne se fait pas pour une économie si petite, qui ne représente que 2% de l'ensemble de l'économie européenne. Ne sous-estimez jamais le pouvoir des marchés financiers quand les données fondamentales jouent clairement contre vous. Même si vous êtes un Etat souverain.

Nous n'allons certainement pas prendre ici la défense des négociants des salles de marché des institutions financières. En ce qui nous concerne, il y aurait quelques observations à formuler sur le sujet. Mais l'image qu'en donnent les médias est partiale et erronée. La grande majorité de ces négociants ne sont pas des spéculateurs ou des parieurs. Ce ne sont pas des hyènes mettant à mort des proies affaiblies. Ils font leur travail et en fonction de leurs calculs, ils déterminent ce qui est sous- ou survalorisé. C'est ainsi qu'ils corrigent les "imperfections de marché".

Les données fondamentales de la Grèce (déficit budgétaire, endettement, perspectives de croissance économique, taux d'épargne, taux de chômage, tissu industriel...) sont manifestement mauvaises et permettent de douter que le pays disposera des capacités suffisantes pour supporter les charges d'intérêts et rembourser les emprunts. Elles doivent même êtres très faibles puisqu'on assiste à une "coalition naturelle" au sein de la communauté hétérogène des négociants, investisseurs... dans le monde entier et que ceux-ci vous refusent leur confiance, font massivement du dumping avec vos obligations et même spéculent contre vous.

La Grèce a longtemps nié ses problèmes, nié mais sûrement reconnu. Il s'agit là d'une erreur d'appréciation qui va lui coûter plusieurs milliards d'euros, soit des milliers d'euros par habitant. La différence entre le taux grec et allemand était peut-être trop faible il y a six mois, mais l'intervention arrogante de la Grèce et l'absence d'une vision européenne commune quant à l'approche du problème grec a permis à ce spread d'atteindre 400 points de base (4%) et il n'y avait plus d'autre option que de jeter l'éponge et d'appeler au secours.

A l'autre bout de la planète, le scénario est tout autre. Alors qu'en Europe, on attrape des cheveux gris à force de chercher une solution pour stimuler la croissance, en Chine, on se creuse la tête pour trouver des mesures en vue de freiner la croissance économique. Car en dépit des premières mesures prises en janvier, la croissance au premier trimestre a encore augmenté à 11,9%. Il s'agit là d'un chiffre que nous n'avions plus connu depuis trois ans, même dans l'Empire du milieu. Les autorités chinoises - soudain confrontées à une forte chute des exportations - ont trop bien fait de leur mieux fin 2008 - début 2009 pour relancer la croissance via un package de mesures stimulantes, ce qui a donné lieu l'année dernière à une vague de nouveaux projets (d'infrastructure) d'une valeur de 15.000 milliards yuan (2.200 milliards USD, soit deux fois le produit intérieur brut (PIB) de l'Inde !

Ces évènements ont déchaîné une dynamique tellement puissante que de nombreux analystes craignaient, juste à l'aube de l'ouverture de l'exposition universelle de Shanghai, l'apparition d'une surchauffe, d'une inflation galopante et d'une bulle immobilière à Shanghai ainsi que dans d'autres (grandes) villes dans les provinces (côtières) de l'Est. Nous pouvons nous attendre à ce que les autorités chinoises annoncent de nouvelles mesures dans les jours ou semaines à venir afin de freiner la croissance et d'évoluer vers la moyenne à long terme visée de 8%.
Reste à voir naturellement quelle sera la réaction des marchés d'actions et des matières premières. Ces dernières semaines, les investisseurs en actions se laissent surtout guider par l'évolution favorable des résultats d'entreprises. Jusqu'à présent, les entreprises sont parvenues à zigzaguer de manière exemplaire entre tous les obstacles macroéconomiques.

La saison des résultats américaine a également commencé plus que raisonnablement avec les bonnes surprises d'Intel et de JP Morgan. Précisons immédiatement que la base de comparaison est encore très facile pour une fois, mais qu'au fur et à mesure de l'année, cela sera beaucoup plus difficile.
Nous sommes dès lors plutôt favorables à une pause provisoire sur les Bourses. Cette pause permettrait d'absorber les récentes hausses et de préparer le terrain pour une poursuite de l'ascension des cours plus tard dans l'année. L'environnement macroéconomique difficile ne légitime en effet pas plus que des valorisations boursières moyennes, même pour les entreprises individuelles en pleine santé.

Cela ne se fait pas pour une économie si petite, qui ne représente que 2% de l'ensemble de l'économie européenne. Ne sous-estimez jamais le pouvoir des marchés financiers quand les données fondamentales jouent clairement contre vous. Même si vous êtes un Etat souverain. Nous n'allons certainement pas prendre ici la défense des négociants des salles de marché des institutions financières. En ce qui nous concerne, il y aurait quelques observations à formuler sur le sujet. Mais l'image qu'en donnent les médias est partiale et erronée. La grande majorité de ces négociants ne sont pas des spéculateurs ou des parieurs. Ce ne sont pas des hyènes mettant à mort des proies affaiblies. Ils font leur travail et en fonction de leurs calculs, ils déterminent ce qui est sous- ou survalorisé. C'est ainsi qu'ils corrigent les "imperfections de marché". Les données fondamentales de la Grèce (déficit budgétaire, endettement, perspectives de croissance économique, taux d'épargne, taux de chômage, tissu industriel...) sont manifestement mauvaises et permettent de douter que le pays disposera des capacités suffisantes pour supporter les charges d'intérêts et rembourser les emprunts. Elles doivent même êtres très faibles puisqu'on assiste à une "coalition naturelle" au sein de la communauté hétérogène des négociants, investisseurs... dans le monde entier et que ceux-ci vous refusent leur confiance, font massivement du dumping avec vos obligations et même spéculent contre vous. La Grèce a longtemps nié ses problèmes, nié mais sûrement reconnu. Il s'agit là d'une erreur d'appréciation qui va lui coûter plusieurs milliards d'euros, soit des milliers d'euros par habitant. La différence entre le taux grec et allemand était peut-être trop faible il y a six mois, mais l'intervention arrogante de la Grèce et l'absence d'une vision européenne commune quant à l'approche du problème grec a permis à ce spread d'atteindre 400 points de base (4%) et il n'y avait plus d'autre option que de jeter l'éponge et d'appeler au secours. A l'autre bout de la planète, le scénario est tout autre. Alors qu'en Europe, on attrape des cheveux gris à force de chercher une solution pour stimuler la croissance, en Chine, on se creuse la tête pour trouver des mesures en vue de freiner la croissance économique. Car en dépit des premières mesures prises en janvier, la croissance au premier trimestre a encore augmenté à 11,9%. Il s'agit là d'un chiffre que nous n'avions plus connu depuis trois ans, même dans l'Empire du milieu. Les autorités chinoises - soudain confrontées à une forte chute des exportations - ont trop bien fait de leur mieux fin 2008 - début 2009 pour relancer la croissance via un package de mesures stimulantes, ce qui a donné lieu l'année dernière à une vague de nouveaux projets (d'infrastructure) d'une valeur de 15.000 milliards yuan (2.200 milliards USD, soit deux fois le produit intérieur brut (PIB) de l'Inde ! Ces évènements ont déchaîné une dynamique tellement puissante que de nombreux analystes craignaient, juste à l'aube de l'ouverture de l'exposition universelle de Shanghai, l'apparition d'une surchauffe, d'une inflation galopante et d'une bulle immobilière à Shanghai ainsi que dans d'autres (grandes) villes dans les provinces (côtières) de l'Est. Nous pouvons nous attendre à ce que les autorités chinoises annoncent de nouvelles mesures dans les jours ou semaines à venir afin de freiner la croissance et d'évoluer vers la moyenne à long terme visée de 8%. Reste à voir naturellement quelle sera la réaction des marchés d'actions et des matières premières. Ces dernières semaines, les investisseurs en actions se laissent surtout guider par l'évolution favorable des résultats d'entreprises. Jusqu'à présent, les entreprises sont parvenues à zigzaguer de manière exemplaire entre tous les obstacles macroéconomiques. La saison des résultats américaine a également commencé plus que raisonnablement avec les bonnes surprises d'Intel et de JP Morgan. Précisons immédiatement que la base de comparaison est encore très facile pour une fois, mais qu'au fur et à mesure de l'année, cela sera beaucoup plus difficile. Nous sommes dès lors plutôt favorables à une pause provisoire sur les Bourses. Cette pause permettrait d'absorber les récentes hausses et de préparer le terrain pour une poursuite de l'ascension des cours plus tard dans l'année. L'environnement macroéconomique difficile ne légitime en effet pas plus que des valorisations boursières moyennes, même pour les entreprises individuelles en pleine santé.