Avant l'été, la fébrilité des marchés émergents semblait cantonnée à quelques pays fragilisés comme l'Argentine ou le Venezuela. La détérioration extrêmement rapide de la situation en Turquie cet été a toutefois accentué les inquiétudes. La livre turque a perdu 30% de sa valeur en juillet-août alors que le pays accumulait toutes les tares. Tout d'abord, Recep Tayyip Erdogan freinait depuis de des années tout relèvement des taux par la banque centrale turque malgré l'accélération de l'inflation. Face à cette politique monétaire sous influence, pour des questions de politique intérieure, les marchés se montraient de plus en plus méfiants. Ces tensions ont explosé quand Donald Trump a menacé la Turquie de sanctions si elle ne libère pas un pasteur américain. La banque centrale turque a été forcée d'intervenir très durement, triplant son taux repo à une semaine en à peine 4 mois pour atteindre 24% ! L'économie turque a accusé le coup mais la livre turque peine à reprendre des couleurs. Les investisseurs demeurent extrêmement méfiants alors que la hausse du dollar et des taux américains leur offre une alternative rentable bien plus sûre. Pour Kim Catechis, Spécialiste des m...