D'abord pour le gouvernement français qui, en cédant 52 % du capital, va récupérer près de 2 milliards d'euros. Sans oublier une soulte de 380 millions correspondant à la poursuite du monopole de la FDJ pendant 25 ans. Une réussite aussi pour la place financière de Paris puisque l'engouement a dépassé les espérances. Soit plus de 11 milliards d'euros de demandes, 10 pour les institutionnels et 1,6 pour les particuliers. Vu le succès public, le gouvernement a décidé de porter la part réservée aux particuliers de 33 à 40 %. Cette forte demande a conduit à fixer la cotation dans la partie haute de la fourchette, soit 19,50 euros pour les particuliers et 19,90 euros pour les institutionnels.

Malgré cette cote élevée, l'action s'est envolée de 14,07 % à 22,70 euros jeudi dernier pour son premier jour de cotation. Depuis, le cours a un peu baissé (22,42 euros à l'heure d'écrire ses lignes) mais cela n'entame pas l'enthousiasme des experts qui classent la FDJ comme un placement de bon père de famille idéal pour qui aime le long terme. A la fin de l'opération, qui comprend aussi une option de surallocation sur des titres supplémentaires, une offre destinée aux salariés et une formule " une action gratuite pour 10 actions achetées " destinée aux particuliers qui les conserveront 18 mois, l'Etat ne détiendra plus que 20 % du capital.

Ce succès donne des idées en Belgique. Jannie Haek, le CEO de la Loterie Nationale, s'est montré enthousiaste à l'idée d'une privatisation partielle. Il a été immédiatement remis à sa place par le vice-Premier ministre Alexander De Croo : " Le CEO peut bien le souhaiter, mais c'est nous, le gouvernement, qui sommes propriétaire. C'est au propriétaire de décider de ce qu'il fait avec l'entreprise. Ce n'est pas à l'ordre du jour ".

501.000

Le nombre de particuliers qui ont souscrit à l'ouverture du capital, soit une demande d'1,6 milliard d'euros.