Les manifestations en France, en Grande Bretagne, en Islande, en Suède, ne tarderont pas à faire resurgir le spectre protectionniste et la préférence nationale, alors que c'est dans l'ouverture au monde, émergent en particulier, qu'une ébauche de solution est sans doute à rechercher. Face à tant d'incertitudes, amenés à prendre des options d'allocation d'actifs dans un monde en bouleversement, nous devons aborder chaque sujet avec une humilité et une capacité accrue à remettre en cause nos convictions.

Les conséquences des décisions prises en termes de politique monétaire, de politique budgétaire, ou de discours politique, ont et auront dans les mois à venir des conséquences qu'il est difficile d'apprécier aujourd'hui, plus encore de quantifier. La contraction de la sphère financière privée, qui est loin d'avoir atteint son terme aujourd'hui, après un trimestre, va-t-elle se poursuivre à un rythme tel que les pressions déflationnistes déjà présentes dans l'économie mondiale vont s'accentuer ? Le creusement des déficits budgétaires et la création monétaire vont-elles au contraire entraîner des résurgentes inflationnistes ? Il est très difficile de trancher ce débat aujourd'hui, la succession des deux phénomènes étant d'ailleurs le scénario le plus probable.

Quant aux marchés des actions, ils restent toujours emprunts d'une très forte volatilité, les entreprises devant faire face à des incertitudes économiques qui se traduisent par une difficulté accrue à projeter leurs capacités bénéficiaires, ce que nombre d'entre elles se refusent à faire aujourd'hui. La question qui reste centrale pour nous consiste à savoir si les plus mauvaises nouvelles ont été anticipées, et si une reprise cyclique, même de courte durée ne peut être entrevue dans les prochaines semaines.
Dans un contexte aussi incertain, la remise à flot du système bancaire constitue une nécessité de premier ordre. Les banques impactées doivent prendre l'intégralité des pertes sur les actifs toxiques, ce qui implique que les actionnaires comme les détenteurs de quasi-capital ("tier-one") perdent la totalité de leur mise. Après cela, les actifs toxiques doivent être transférés au centre de confinement (Aggregator bank), et les banques doivent être nationalisées pour être recapitalisées et reprendre une activité bancaire classique et davantage réglementée. Différer une telle solution ne fait que pénaliser davantage l'économie réelle qui ne saurait retrouver un fonctionnement "normal" sans un système bancaire à peu près d'aplomb.

Eric Le Coz - Head of product Development Carmignac Gestion

Les manifestations en France, en Grande Bretagne, en Islande, en Suède, ne tarderont pas à faire resurgir le spectre protectionniste et la préférence nationale, alors que c'est dans l'ouverture au monde, émergent en particulier, qu'une ébauche de solution est sans doute à rechercher. Face à tant d'incertitudes, amenés à prendre des options d'allocation d'actifs dans un monde en bouleversement, nous devons aborder chaque sujet avec une humilité et une capacité accrue à remettre en cause nos convictions.Les conséquences des décisions prises en termes de politique monétaire, de politique budgétaire, ou de discours politique, ont et auront dans les mois à venir des conséquences qu'il est difficile d'apprécier aujourd'hui, plus encore de quantifier. La contraction de la sphère financière privée, qui est loin d'avoir atteint son terme aujourd'hui, après un trimestre, va-t-elle se poursuivre à un rythme tel que les pressions déflationnistes déjà présentes dans l'économie mondiale vont s'accentuer ? Le creusement des déficits budgétaires et la création monétaire vont-elles au contraire entraîner des résurgentes inflationnistes ? Il est très difficile de trancher ce débat aujourd'hui, la succession des deux phénomènes étant d'ailleurs le scénario le plus probable. Quant aux marchés des actions, ils restent toujours emprunts d'une très forte volatilité, les entreprises devant faire face à des incertitudes économiques qui se traduisent par une difficulté accrue à projeter leurs capacités bénéficiaires, ce que nombre d'entre elles se refusent à faire aujourd'hui. La question qui reste centrale pour nous consiste à savoir si les plus mauvaises nouvelles ont été anticipées, et si une reprise cyclique, même de courte durée ne peut être entrevue dans les prochaines semaines. Dans un contexte aussi incertain, la remise à flot du système bancaire constitue une nécessité de premier ordre. Les banques impactées doivent prendre l'intégralité des pertes sur les actifs toxiques, ce qui implique que les actionnaires comme les détenteurs de quasi-capital ("tier-one") perdent la totalité de leur mise. Après cela, les actifs toxiques doivent être transférés au centre de confinement (Aggregator bank), et les banques doivent être nationalisées pour être recapitalisées et reprendre une activité bancaire classique et davantage réglementée. Différer une telle solution ne fait que pénaliser davantage l'économie réelle qui ne saurait retrouver un fonctionnement "normal" sans un système bancaire à peu près d'aplomb. Eric Le Coz - Head of product Development Carmignac Gestion