Tout sur Pétrole

Le rebond à 40 dollars du prix du baril s'est traduit par une hausse de 8% du diesel et de 24% du mazout depuis les plus bas de janvier. Une évolution largement imputable aux hedge fund et qui devrait s'avérer temporaire au vu de l'incapacité des producteurs à réguler l'offre.

Surmontant toutes leurs différences actuelles, la Russie et l'Arabie Saoudite ont convenu à Doha de geler leur production de brut, un premier pas selon le Ministre saoudien du pétrole. En 1998-1999, les principaux producteurs de brut s'étaient déjà entendus pour réduire l'offre avec comme conséquence un rebond du prix du baril de 10 à 140 dollars en moins d'une décennie.

Le schéma est quasiment immuable depuis quelques mois, chaque soubresaut du pétrole provoque des palpitations sur les Bourses bien que les économistes ne cessent de répéter que le recul des prix de l'or noir est largement favorable économiquement à l'Europe et à l'Asie.

En moins d'une semaine, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a abandonné ses quotas et accentué l'excès de pétrole sur les marchés, l'Arabie Saoudite s'étant engagée dans une course aux parts de marché alors que la perspective de la fin de " l'ère du pétrole " resurgit.

Les stocks de pétrole ont atteint un plus haut de 80 ans aux États-Unis et devraient continuer à croître, une aubaine pour les sociétés spécialisées dans le stockage.

Après un plongeon de plus de moitié au second semestre de l'année dernière, le baril de Brent était parvenu à repasser la barre des 60 dollars mais a lâché du lest. Certains prévisionnistes voient même l'or noir plonger à 10 dollars le baril. En Bourse, les premières victimes seraient les majors pétrolières qui ont peu corrigé jusqu'à présent.

Le changement d'année n'a pas eu d'effet bénéfique sur le pétrole qui poursuit sa glissade, un plongeon synonyme de bouleversement dans l'industrie des hydrocarbures aux États-Unis et potentiellement dévastateur pour le secteur (para)pétrolier en Bourse.

L'OPEP a décidé de maintenir ses quotas de production sous l'impulsion de l'Arabie Saoudite, faisant plonger le prix du Brent à 71,5 dollars. La guerre pour les parts de marché semble engagée avec le pétrole de schiste américain, une très mauvaise nouvelle pour le secteur.

L'année a commencé depuis un peu plus de deux mois et on ne compte déjà plus les coups de chaud sur les prix pétroliers.

Le marché pétrolier a besoin d'une "réduction d'envergure" de la production, a déclaré le secrétaire général de l'Opep Abdallah el-Badri lundi à son arrivée à Oran (Algérie), deux jours avant une réunion du cartel en Algérie.