Le titre gagnait près de 15% à l'ouverture de la Bourse de New York. Habitué aux brusques et larges revirements, il avait perdu 36% depuis les précédents résultats. Le groupe a, grâce à un important abattement fiscal, dégagé un bénéfice net de 789 millions de dollars. Il confirme ainsi, après avoir perdu de l'argent pendant plus de dix ans, sa capacité à engranger des profits pour le quatrième trimestre d'affilée.

Surtout, point important aux yeux des observateurs, son chiffre d'affaires a encore progressé, de 29% sur un an, à 758 millions de dollars, grâce notamment à des revenus publicitaires en forte hausse. L'un des critères scrutés par les analystes était pourtant décevant: le nombre d'utilisateurs actifs mensuels s'est élevé sur la période à 326 millions, contre 335 millions au trimestre précédent, et 330 millions il y a un an. Mais le groupe assure que ce repli est lié à ses efforts pour rendre la plateforme plus "saine".

Le réseau social tente en particulier de se défaire des utilisateurs qui tenteraient de se servir du site de microblog à des fins de propagande. Il a ainsi bloqué au cours des derniers mois des centaines de comptes manipulés depuis la Russie ou l'Iran pour mener des campagnes d'influence ou de désinformation. "Nous parvenons à mieux détecter et retirer les comptes qui relèvent de spams ou sont suspicieux dès l'inscription", a indiqué le patron du groupe Jack Dorsey lors d'une conférence téléphonique avec les analystes.

Comme Google et Facebook, Twitter a été accusé ces derniers mois d'inaction face à l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016 ou aux tentatives de manipulation de l'opinion publique à l'approche des élections législatives américaines du 6 novembre.

Le groupe avait prévenu que ces efforts allaient avoir un impact négatif sur le nombre d'utilisateurs mensuels à court terme, mais c'est "à long terme un facteur de croissance", a assuré M. Dorsey. Twitter impute aussi la baisse des abonnés à l'entrée en vigueur en mai de la directive européenne sur la protection des données (GDPR).