Alors que la Belgique et la France se reconfinent, le Royaume-Uni entrevoit le bout du tunnel. Fort d'une campagne de vaccination efficace, le pays se prépare à retrouver une vie normale. En Angleterre, le confinement strict a ainsi été levé le 29 mars et le déconfinement global aura lieu dès le 12 avril avec la réouverture de tous les magasins, des restaurants (en terrasse), des salles de sport ou des parcs d'attractions. En mai, la bulle de contacts devrait passer à 30, les restaurants pourront servir en salle et les hôtels devraient rouvrir. La levée de toutes les restrictions est prévue à partir du 21 juin.
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Alors que la Belgique et la France se reconfinent, le Royaume-Uni entrevoit le bout du tunnel. Fort d'une campagne de vaccination efficace, le pays se prépare à retrouver une vie normale. En Angleterre, le confinement strict a ainsi été levé le 29 mars et le déconfinement global aura lieu dès le 12 avril avec la réouverture de tous les magasins, des restaurants (en terrasse), des salles de sport ou des parcs d'attractions. En mai, la bulle de contacts devrait passer à 30, les restaurants pourront servir en salle et les hôtels devraient rouvrir. La levée de toutes les restrictions est prévue à partir du 21 juin. Evidemment, ce déconfinement devrait soutenir l'activité économique. Dans ses dernières prévisions de début mars, l'OCDE a ainsi relevé son estimation de croissance pour le Royaume-Uni à 5,1% en 2021. Sensiblement mieux que la zone euro pour laquelle l'OCDE tablait sur une croissance de 3,9% avant les derniers confinements, notamment en Belgique ou en France. La Banque d'Angleterre prévoit ainsi que "le PIB du Royaume-Uni devrait se redresser fortement en 2021 et revenir à son niveau d'avant la crise" du coronavirus. "La confiance des consommateurs s'est redressée et on observe les premières indications d'une hausse des intentions d'achat pour certaines formes de dépenses auparavant restreintes", selon l'institution. Les analystes de Bloomberg Economics soulignent que la reprise des dépenses pourrait être d'autant plus vigoureuse que l'épargne des ménages a fortement gonflé depuis le début de la pandémie. "La combinaison des restrictions de la vie quotidienne qui ont limité les possibilités de dépenser et du système de protection des revenus sans précédent du gouvernement britannique a fait monter en flèche le taux d'épargne, qui a atteint le plus haut niveau jamais enregistré", disent-ils. Selon les derniers chiffres de la Banque d'Angleterre, les dépôts d'épargne des ménages britanniques ont progressé de 165,5 milliards de livres entre fin janvier 2020 et fin janvier 2021. C'est un phénomène que l'on a déjà pu observer en Chine notamment avec une reprise rapide des ventes au détail qui ont même connu une véritable envolée de 33,8% en janvier-février 2021 avec une base de comparaison réduite. Au Royaume-Uni, la croissance structurelle est évidemment nettement moindre, mais la reprise de la consommation pourrait être plus marquée que dans les autres pays occidentaux. Le taux d'épargne des Britanniques avait en effet déjà progressé en 2018 et en 2019 sur fond d'incertitudes concernant le Brexit, désormais acté. Par ailleurs, Rishi Sunak, chancelier de l'Echiquier, a présenté un budget 2021 prévoyant 65 milliards de livres de soutien à l'économie et reporté les mesures fiscales destinées à rééquilibrer le budget à 2023 (au plus tôt).La Bourse britannique devrait donc profiter d'une nette embellie conjoncturelle en 2021 et en 2022 alors que les valorisations demeurent plutôt attractives comme le détaillait récemment Graham Smith dans un éditorial pour Fidelity International. En Bourse, "le Royaume-Uni est sous-valorisé sur la base des rendements des dividendes, des bénéfices que les entreprises sont censées réaliser au cours des 12 prochains mois (ratio cours/bénéfice) et en termes de valeur des actifs dans leurs bilans (ratio cours/comptable). Une moyenne arithmétique simple, mais pas tout à fait scientifique, de ces trois paramètres, suggère que la Bourse britannique pourrait maintenant se négocier avec une décote de 40% par rapport aux marchés boursiers mondiaux et une décote encore plus forte de 50% par rapport aux Etats-Unis." Dans ses récentes hypothèses de marché à long terme, JP Morgan évaluait le rendement théorique des actions britanniques à 6,70% par an pour les 10-15 prochaines années, quasiment au même niveau que les marchés émergents et loin devant les Etats-Unis (4,10%), la zone euro (5,20%) et le Japon (5,10%). Enfin, on notera que les investisseurs internationaux pourraient commencer à se repositionner sur les actions britanniques. Selon la dernière enquête mensuelle de Bank of America auprès des gestionnaires d'actifs, ils n'étaient plus que 1% en net à les sous-pondérer. Ce qui pourrait préfigurer un retour massif et durable, puisque ces actions britanniques étaient délaissées depuis le référendum sur le Brexit en 2016. En matière de choix d'actions, Rob Arnott, fondateur de Research Affiliates, estime que "les actions value britanniques sont l'investissement de la décennie". Il évoque un rendement potentiel de 12% par an, soit un doublement en l'espace de six ans. Une stratégie qui répond aussi au positionnement actuel des investisseurs, 52% des gestionnaires de fonds estimant que les actions value vont afficher une surperformance au niveau mondial selon la dernière enquête de Bank of America. Par définition, les actions value sont des actions sous-valorisées et qui se négocient à un prix inférieur à leur valeur intrinsèque. La décote découle du fait qu'elles sont moins appréciées des investisseurs qui préfèrent souvent les actions de croissance, une tendance qui a été marquée depuis le début du rebond des marchés en 2009 et surtout en 2020 avec l'envolée des actions technologiques. Régulièrement, les marchés connaissent ainsi une rotation qui permet aux actions value de se réapprécier, traditionnellement en période de reprise de l'économie, car le segment value englobe surtout des entreprises sensibles à la conjoncture. Les secteurs value typiques sont ainsi l'industrie, le secteur bancaire ou l'énergie. Le secteur bancaire est ainsi particulièrement développé mais aussi décoté à la Bourse de Londres. Des titres comme HSBC, Barclays, Lloyds Banking et Standard Chartered sont bon marché (à entre 10 et 12 fois les bénéfices prévus en 2021), et commencent à attirer l'attention des analystes (surtout Barclays). Ils profiteront de la reprise de la conjoncture britannique et devraient bénéficier de la remontée des taux. La construction affiche aussi une valorisation inférieure à sa moyenne historique alors que les perspectives s'éclaircissent avec une reprise des crédits hypothécaires et des programmes publics visant à soutenir ce secteur face à la pénurie chronique de logements. Cela devrait bénéficier à des acteurs comme Vistry - le moins cher à neuf fois les bénéfices prévus pour 2021 -, Crest Nicholson, Redrow ou Bellway. Les actions minières sont également un secteur value en vue, affichant même le meilleur momentum actuellement sur la Bourse britannique. Elles ne profitent évidemment pas réellement de l'embellie conjoncturelle au Royaume-Uni, mais elles pourraient bénéficier d'un retour des investisseurs vers la Bourse de Londres en plus de prix des matières premières bien orientés. Citons notamment BHP (minerai de fer, cuivre, pétrole), Rio Tinto (minerai de fer, aluminium, cuivre), Glencore (négoce, cuivre, zinc, énergie) ou Anglo American (minerai de fer, métaux platinoïdes, cuivre). Le tableau ci-contre reprend aussi les 10 premières positions de l'indice des actions britanniques value, le MSCI UK Value. Il n'existe pas d'ETF sur cet indice, mais bien sur le Footsie 100, comme HSBC FTSE 100 UCITS (Euronext Paris ; IE00B42TW061 ; frais annuels de 0,07%) qui englobe une importante pondération d'actions value. Le secteur qui devrait le plus profiter de la réouverture de l'économie et des dépenses des ménages est celui du tourisme. L'indice sectoriel élargi, le FTSE 350 Travel & Leisure, a rebondi de près de 50% depuis la fin octobre, mais il demeure inférieur à son niveau d'avant la pandémie. On y retrouve de grands noms internationaux comme la compagnie low cost EasyJet, sa concurrente IAG (fusion de British Airways et Iberia), la chaîne de fast-food Domino's Pizza, le géant mondial des cantines Compass ou le croisiériste Carnival. Ce ne sont toutefois pas les actions les plus entourées. L'une des plus en vue est certainement Whitbread. Depuis la revente de la chaîne de cafés Costa Coffee à Coca-Cola pour 3,9 milliards de livres, Whitbread s'est recentré sur les restaurants (Beefeater, Brewers Fayre, Table Table, etc.), les hôtels (Premier Inn), essentiellement au Royaume-Uni avec des projets de développement en Allemagne. La revente de Costa Coffee lui a permis de racheter des actions propres et ensuite de traverser la crise du coronavirus plus facilement. L'exploitant de cinémas Cineworld, majoritairement actif aux Etats-Unis, devrait évidemment être un des principaux gagnants du déconfinement. Le titre est certes très bon marché par rapport au pic de 2019 mais connaissait déjà une passe difficile avant la pandémie. Si les analystes sont confiants (10 conseils d'achat sur 14 avis), le titre est clairement plus risqué que la moyenne. Globalement, les valeurs qui devraient le plus profiter de la reprise de la croissance britannique, que cela soit grâce au déconfinement ou à l'accord commercial post-Brexit, sont les petites et moyennes capitalisations. Sur la Bourse de Londres, elles sont rassemblées dans l'indice Footsie 250, la deuxième division après les grandes capitalisations (indice Footsie 100). Ce FTSE 250 est plus exposé aux entreprises domestiques, notamment dans le secteur de la vente au détail ou de la construction. Mais l'exposition de l'indice à l'économie britannique est brouillée par la présence d'une quarantaine de trusts (fonds d'investissement). L'ETF Amundi Prime UK mid and small cap (Bourse de Londres ; LU2182388152 ; frais annuels de 0,05%) est ainsi plus adapté. Il réplique l'indice Solactive UK M&S, une sélection de 150 valeurs du FTSE 250 hors trusts.